23 octobre 2009

Mon Jean

"Hein ? Regardez ! Il est pas beau mon Jean ?
Ah, je suis content, il est allé tout seul à France 2
par le Quai Javel, il aura pris le métro,
comme un grand.
Je lui fais confiance maitenant.
Il en a même pas parlé au Président de la République :
il a décidé tout seul, regardez comme il est bien, d'être candidat à un poste-clé :
Administrateur de l'EPAD.
Quand je pense que sa mère disait "Qu'est-ce qu'on va faire de lui ?"

Il faut dire que l'an dernier, quand il a été élu à 21 ans
Conseiller Général des Hauts de Seine,
ça m'a donné l'idée demander à Martin Hirsch de débloquer
un fonds pour l'égalité des chances
chez les moins de 25 ans.
C'est vrai, ils ont même pas le RMI, il faut bien leur réserver
une petite place dans une assemblée territoriale, quoi...

Les Français de plus de 65 ans qui ont
massivement voté Sarkozy, ils sont ravis :
Un p'tit jeune, beau intelligent avec ses fausses lunettes.
Et puis, ils ont voté pour un Sarkozy, ils en ont gagné deux !

Vous trouvez pas :
Même voix, même regard, même intonations,
mêmes tics de langage, mêmes pirouettes
pour bien tacler le méchant journaliste.
Tout comme son papa !!!

C'est pas du pouvoir d'achat ça ? Deux pour le prix d'un ?
Ah ! j'aurai tenu mes promesses..."


21 octobre 2009

Louis XIX à la tête du P.S.G ?


Un certain "Louis", 12 ans, a eu "la chance" d'assister à l'entraînement du PSG, mercredi matin, au Camp des Loges () nous dit Le Parisien de ce jour. Oui, mais est-ce seulement "une chance" ?

Nouvelle provocation du clan Sarkozy. Après le tollé populaire qu'a suscité l'élection de son jeune homme de 23 ans Conseiller Général à la tête de L'EPAD, un élu princier dont l'avenir du "Grand Paris" est entre les mains, voici la preuve indiscutable que "ces gens-là" comme disiait Brel, nous em-merdent.

En clair : "On vous emmerde" nous disent-ils à la face.

Tous comme nous emmerdent nos banquiers qui, non contents d'assurer la carrière de leurs fils, se gavent d'aides publiques dans les crises financières qu'ils s'ingénient à provoquer, mais n'oublient pas de nous infliger des frais sans commune mesure avec l'économie réelle de leurs services lorsqu'un agent du trésor public nous inflige un Avis à Tiers Détenteur, par exemple.
(suite sur cette question des ATD au prochain billet)

Citoyens : révoltez-vous, bon sang !

19 octobre 2009

Le lapsus des édiles de L'EPAD





"C'est un garçon de qualité, sympathique, que je connais depuis très longtemps". Claude Leroi, Président de la Chambre de Commerce des Hauts-de-Seine.

Voilà donc qu'une maladresse, ou un aveu décomplexé, vient clore le chapitre sur la compétence supposée de Jean Sarkozy.

C'est cela qui est drôle. Le Président de la Chambre connaissait Jean ! et il suffisait de le connaître ! Et il est "sympathique" en plus Ah, voilà !!! Que ne le disait-on ? Mais il ne manquerait plus qu'il morde !

Et comment l'a-t-on rencontré, il y a si longtemps, et quel âge avait-il, 8 ans, 10 ans ? Il jouait dans les jupes de son père qu'on connaissait aussi bien entendu, ça n'a échappé à personne.

Comment donc s'opposerait-on à la candidature d'un garçon à un poste où il est question de gérer 1 Milliard d'Euros de C.A, puisqu'on le "connaît" depuis si longtemps ? Cest simple non ? Alors, gros peuple, vous ne comprenez donc pas ce qu'on vous dit ?

Nous le gros peuple, nous essayons de nous présenter à une élection départementale. Et nous découvrons que pour se présenter sur une liste, si on n'a pas 10 000 euros à mettre au pot, en interne, dans son parti politique, on n'est même pas en queue de liste, et encore moins en tête ! Alors d'ici à ce qu'on se retrouve un jour Conseiller Général... à moins d'être pris sous la coupe d'un Général... en chef des Armées...

C'est l'argument volontairement impensé ou absent des débats qui animent la polémique autour du Néron contemporain qu'est peut-être Jean Sarkozy (si j'étais son père je m'en méfierais, et je lui conseillerais d'aller se casser les dents à l'EPAD, tiens !).

Personne n'a opposé cet argument de bon sens : Ce n'est pas qu'il faille remettre en cause la légitimité de ce jeune homme aujourd'hui élu démocratiquement, bien sûr, mais qu'il ne faille pas prendre les citoyens de la République pour des canards sauvages : être candidat, c'est déjà le fruit d'un long parcours politique, surtout en Île-de-France où les prétendants sont nombreux et les places chères. Il est là le népotisme : avant l'élection. Pas après !

Les autres candidats et candidates ont dû s'effacer devant le prince. Mais ils ne parleront pas, les courageux. Ils se tapissent, ils se cachent, ils ont obtenu une compensation à un poste ministériel ou administratif quelconque.

Est-il arrivé à s'imposer par son talent ? Certains le disent.

Mais combien y-a-t-il dans ce pays de jeunes gens de talent qui n'émergent pas, notre pays en est plein. Talent qu'ils perdent même en cours de route à force d'attendre, coincés dans le bouchon générationnel soixante-huitard qui sclérose notre pays. Ce ne sont pas nos élus -locaux et nationaux- septuagénaires qui vont dire le contraire, n'est-ce pas... ils voient bien cela sur le terrain.

Alors, un peu de décence !

C'est sûr, APRES, tout devient transparent. Après, la machine est en route. Quand le pied est à l'étrier, le cheval peut galoper, à grand renfort de marketing politicien dont on nous abreuve (comme des chevaux là aussi).

Il ira loin ce Sarkozy là. Et on en prend pour 40 ans.


Entendre : Laurent Fabius acide sur France Inter à ce propos (à 8'30")

et surtout sa critique de la réforme des Collectivités territoriales débattue cette semaine à l'Assemblée.

3 octobre 2009

Vers une jurisprudence "Polanski" ?

Je suis choqué comme de nombreuses personnes, de l'utilisation de la mémoire collective d'un peuple aux fins d'absolution d'un particulier.

Dans le concert élitaire des canards à plus de 50 000 euros/mois qu'on nous joue un peu fort cette semaine, ce vendredi soir 2 octobre 2009 sur France 5, Elsa Sylbertstein affiche sans avoir l'air d'y toucher un soutien quelque peu subjectif à Roman Polanski, harcelé par la justice américaine :

Elle dit : « ... ce qui me choque, c’est le même Polanski qui a souffert caché dans l’illégitimité au Ghetto de Varsovie, et qui, à 76 ans, doit encore vivre caché dans l’illégitimité.... »

Le syllogisme invraisemblable de Sylbertstein, qui n’a pas inventé l’eau chaude visiblement, oublie une chose essentielle : le petit Roman était un innocent parmi les criminels. Adulte, il devient un agresseur devant une innocente. C’est une différence de taille.

On a le droit de défendre Polanski, mais quand on est avocat et qu'un procès a lieu. On n'a pas le droit d'utiliser à tout crin les heures sombres de l'histoire de l'humanité. Tout comme il serait malhonnête d'utiliser le spectre de la shoah pour justifier toutes les exactions qu'une autorité exercerait sur un autre peuple.

Le cinéaste (de génie) Claude Lellouch disait au lendemain de l'arrestation : "On est venu l'arrêter en Suisse à sa descente d'avion, ce sont les manières de la Gestapo..." La police Suisse s'inspire donc des manières des Nazis, il faut le savoir. Mais que ne le disait-il plus tôt ?...

Enfin : qu’est-ce à dire ? qu'arrêter un juif, aussi talentueux soit-il, fait passer de facto les fonctionnaires en charge pour des fascistes ? Que les victimes de la Shoah auraient un statut particulier devant le crime ? C’est Simone Veil qui a dû être contente d’entendre ça !

Si cela continue, Lellouch, Elsa S. et ses coreligionnaires finiront d'épuiser la sympathie du monde à l'égard des gens de la haute société, aboutiront à un agacement généralisé de la population pour les élites, juives en particulier* et donc à une montée de l’antisémitisme.
Est-ce ce qu’ils recherchent ?...

En attendant, je crains qu'on ne s'attendrisse plus sur le cas du coupable que sur celui de la victime. A cet égard, je citerai pour une fois un homme de droite Debré. Sa réaction épidermique en dit long.



*puisque l'accent est mis par ces personnes sur la question de l'origine juive de Polanski, ce que je ne fais pas, moi.

25 septembre 2009

I'm not a lier !


Parmi les nombreuses affirmations délivrées mercredi soir depuis New-York, et auxquelles le Président ne croit pas lui-même, j'en ai retenu une.


Le voici en fin d'interview dire avec presque une larme à l'oeil : "... j'ai beaucoup de défauts, mais je ne mens pas..."

On a failli avoir pour cet homme aux accents troublants de sincérité une pensée émue, ou de compassion eu égard à la charge lourde de travail qui pèse sur ses épaules.

Je rappelle toutefois que le Nouvel Observateur consacré il y a quelques mois aux rapports Obama/Sarkozy avait publié un article qui mentionnait l'incident diplomatique survenu à l'époque de la guerre de Géorgie.

Lors de la réception de son "Prix pour le courage politique" à l'Elysée (décoré chez lui) Nicolas Sarkozy avait déclaré publiquement lors de son discours qu'il était allé sur le théâtre des opérations en Géorgie malgré les avertissements du Président Bush, qui lui aurait dit : "...n'y va pas, les troupes Russes sont à 40 km, n'y va pas...".
Il balance une info sans risque, dont il était censé seul détenir l'exclusivité : l'oreille de Bush ne serait pas collée au trou-de-serrure... Eh bien, il faut croire que si.

Car nous sommes quelques semaines après l'élection d'Obama ; Bush est toujours en fonction. Mais Sarkozy sent (pour une fois !) qu'il n'est plus de bon ton de louer W.


Quelques heures après ce discours prononcé à l'Elysée, le Conseiller à la Sécurité de G.W Bush convoque de façon tout à fait exceptionnelle l'Ambassadeur de France, Vilmont, à son bureau.

Là, le Français se prend une belle avoinée, car le Conseiller américain lui fait écouter la conversation téléphonique que les deux Présidents ont eue : Stupeur ! Bush lui conseillait au contraire de se rendre en Georgie...

Washington avait donc la preuve que le Président Français ment, ce qui est l'opprobre aux States pour un homme public, mais qui ne semble pas émoustiller les Français.

Et tout ça pour se faire mousser.

Voilà encore un défaut pire encore que le mensonge, c'est la vanité.
Quand un menteur patenté dit qu'il ne ment pas, on peut peut-être le croire, mais s'il disait la vérité, on ne le croirait plus.


1 septembre 2009

De l'orthographe comme instrument d'égalité






-“Est-ce que l’Hortographe, c’est le type qui compose les jardins ? et le Fotographe celui qui écrit avec des fautes ?”

-“Quand les mots ne sont pas exacts, les jugements ne sont pas clairs, les oeuvres ne prospèrent pas, et le peuple ne sait plus où il en est...” répondrait Confucius.

Je suis violemment contre toute tentative de réforme artificielle de l’orthographe française.

Faut-il être inconscient de la fracture sociale que cela va engendrer pour accepter que le français soit ramené à une sorte de nouveau créole ? Car au fond, le français tel que François de Closets l’a présenté sur France 2 hier soir, c’est Péguy et Genet ensemble au rayon des curiosités, c’est le nivellement par le bas, le découragement de l’effort.

L’affaire est d’importance, et même de salubrité publique, car on n’est plus au temps de Robert Estienne qui, au XVI° siècle déjà, s’employa dans son “dictionnaire francoislatin” à en réformer la notation. Mais cela ne concernait même pas 20% de la population.

On semble regretter de manière saisonnière, et peut-être au même rythme que le niveau d’illétrisme s’accroît dans la population, que le français a une complexité graphique, à peine plus que l’espagnol ou l’italien, et grammaticalement moins complexe que l’allemand, et l’on prétend que cette orthographe complexe nuit aux jeunes et au plus défavorisés, par la sévérité des examinateurs, que l’orthographe joue le rôle de censeur, d’élément discriminant. Mais tous les codes ont des règles ! en mathématiques aussi il y une orthographe, et sur la route un code du même nom !

Tiens : comment écrit-on “humble” ? Pourquoi un “H”, un “U”, et un “M” ? Ne pourrait-on pas écrire “ainble“ ? ou “inble” ? Mais alors comment la personne qui aura écrit “inble” toute sa vie pourra faire le lien, dès qu’elle verra le terme écrit, avec l’adjectif qui s’y rapporte : l’humilité ? (humilitas, humilitatis : de basse condition) ... Hein, comment elle fera ? Elle aura l'air d'une nouille devant un oignon mal cuit.

En réformant brutalement l’orthographe, on s’attaque à la racine des mots, à l’histoire des mots, et donc à la possiblité de les associer entre eux, d’en toucher leur parenté, de pouvoir en jouer. Et ça heurte aussi une partie de notre identité francophone.

Déjà que la méthode globale a empêché toute une génération de faire des liens par association avec des mots que la personne n’avait jamais croisés, mais alors là... elle est définitivement condamnée à piocher dans les ressources de son vocabulaire de base sans pouvoir l’élargir !

Et justement, parlons-en, des humbles, des gens de peu de condition.

De Closets, dans une diatribe confuse à laquelle il ne nous a guère habitués (y croit-il lui-même ?) prend Diderot en exemple : il griffonnait des lettres à l’orthographe fantaisiste, nous dit-il, alors qu’il n’aurait pas toléré la moindre faute dans son encyclopédie. VRAI ! à un détail près. C’est que l’auteur de Jacques et son maître maîtrisait les nuances de la langue française mieux que personne, sa pensée ne faisait pas défaut, et elle s’abreuvait aux sources latines et grecques du français ; M. Diderot en maîtrisait son étymologie. Il n’écrivait pas une lettre truffée de fautes à défaut de savoir mieux s’exprimer.

Ce qui le distingue d’avec un “jeune d’aujourd’hui” ou disons plutôt un ignorantin moderne (d’autres ont dit “sauvageon”, mais c’est la même chose) c’est sa pratique assidue et intéressée de la lecture, son accès à l’enrichissement de sa pensée, de sa culture poétique ou littéraire, mais aussi politique. Toutes façons d’appréhender le monde à travers celui des autres.

Or, allons-y ! Complaisons à la facilité, et aucun adolescent de banlieue ni de la ville ne pourra plus accéder à Jaurès ou Hugo, car il ne s’en trouvera plus un seul pour aller vers la langue de Jaurès et de Hugo, et d’ en saisir leur pensée ! Il suffit de lire la lettre que Jaurès adressait à des instituteurs, et l’on se rend compte de la distance déjà parcourue. "Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale il est vrai, mais très haute de l’histoire de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité". La Dépêche de Toulouse, 15 janvier 1888. Pensez donc, le XIX° siècle ? Une antiquité !

Voilà qui en arrangerait bien certains, qui continueront de posséder la langue, non contents d’avoir été les héritiers des biens matériels !

Je n’ai pas envie de lire votre livre M. De Closets, et pas parce que j’aurais peur d’y trouver des fautes. Je trouve votre intervention parfaitement déplacée à notre époque du tout-au-rentier. Qu’il y ait ceux qui savent lire, et ceux qui ne le savent plus ; voilà qui achèverait un fameux cycle depuis la société pré-industrielle.

Je comprends votre souffrance, car j’ai un ami qui se trouve handicapé par cette difficulté à bien orthographier, mais je crois que vous vous trompez de cible. Ce n’est pas le français que vous devriez accuser d’être trop difficile, ni les jeunes d’être inaptes à aller vers la complexité de notre langue, c’est vos enseignants des petites classes que vous devriez accuser d’avoir été trop peu les dépositaires d’une bonne méthode, d’une obédience à leur langue, et peut-être de ne pas vous avoir montré sa qualité écrite, en un mot, de ne pas avoir pu ou su faire leur métier.

Mais par dessus-tout, je voudrais vous demander une chose : à défaut de leur donner accès à un patrimoine matériel, laissez au moins à ceux qui ne sont pas nés au bon endroit la chance d’accéder un patrimoine immatériel, c’est-à-dire une Langue !

sur le mot orthographe : http://www.dico-definitions.com/dic...

un bloggueur : http://carnet.causeur.fr/antidote/o...

Lettre aux instituteurs, Jean Jaurès


29 juillet 2009

Alors, ces boîtes noires, toujours pas ?


Ce qui m'inquiète dans l'affaire de la disparition du AF 447 Rio-Paris, c'est qu'en général la recherche de boîtes noires ne pose aucun problème. Là oui.

Puis deux petites choses.

Que lorsqu'un Président de la République se déplace à l'aéroport le premier jour de la disparition d'un avion, c'est déjà extraordinaire, mais qui déclare, à l'heure où personne ne sait rien : "Toutes mes condoléances", là, c'est exceptionnel dans la maestria de la bourde ou dans la trahison d'un éventuel secret-défense... (ne pas rire, svp)

Question simple : Qu'est-ce que le chef des armées savait, que nous ne savions pas, pour s'avancer de la sorte ? Que tout le monde était mort. Sinon, il aurait fait un numéro du style :"Nous allons tout mettre en oeuvre... nos équipes seront bientôt sur place... bla-bli, bla-bla !"
Là : condoléances.

Souvenons-nous que ce jour là, on nous a appris que l'armée américaine était appelée à la rescousse dans l'atlantique. Puis, black-out info autour de cette question, on n'en n'a plus jamais entendu parler.

Autre question simple : depuis quand les USA interviennent-ils dans des recherches en mer en dehors de leurs eaux territoriales, alors qu'ils ne sont -a priori- pas impliqués ?

Voilà, je ne dis rien, je ne calomnie pas, je pose des questions.

Allez, va ! Services de l'Etat qui nous lisez, vous avez bien compris que nous avons compris.

23 juillet 2009

Viens ici, petit cochon, que je te vaccine !


L’épidémie de stress, pardon, de grippe porcine, dite H1N1, est la suite logique d’un précédent.


On avait vu une première levée de bouclier aux USA et en Europe à l’occasion du début d’une épidémie de H5N1, la forme aviaire de la grippe, puisque ce virus est à 60% mortel chez l’homme. 80 millions de doses Tamiflu avaient été commandées pour rien. L’affolement sanitaire coûte donc très cher aux collectivités des pays développés. Dans le tiers-monde, on a d’autres chats à fouetter.


"En 2009, advint le virus mexicain H1N1, porcin, qui provoqua un affolement général de la population et fit les choux-gras du laboratoire suisse qui en est le détenteur et fabricant. Ses ventes explosèrent, il annonça 5 Milliards FS de bénéfice."
Voilà ce qu’on pourra dire en l’an 2109.

Il faut dire que les médias ne sont pas pour rien dans le développement de cette véritable épidémie de psychose anxieuse, aux effets plus nocifs que le virus. Tous les jours depuis trois mois, on nous bassine avec un compteur des cas recensés, que l’OMS vient de décider d’arrêter tant il est absurde d’afficher une tel épouvantail, alors que rappelons-le, ça nous dé-stressera, la grippe A H3N2 et H2N2, saisonnière, classique, avait touché 7 millions de Français en 2002 et que ni les gouvernements ni les médias n’en n’ont fait un tel étalage.

Celle-ci, extrêmement contagieuse, tue 250 000 personnes chaque année dans le monde ! On nous promet donc une cure de deux vaccins au mercure par mesure de précautions ! (La puissante F.D.A admet qu’il y a relation entre la dose de Thimérosal (dérivé mercuré contenu dans les vaccins) et la recrudescence de cas d’autisme). Donc, bonne vaccination.
Cependant on sent bien chez les pouvoirs publics et dans les mêmes médias une reculade. En même temps qu’on nous annonce la dépense faramineuse de la commande 98 millions de vaccins, lancée sans appel d’offres (!), et de l’autre on voit des grippés au téléphone, appeler leurs parents et réclamer qu’on "les libère", on entend dire que l’OMS insiste sur le fait que les cas graves sont rares. Depuis aujourd’hui les seuls médecins assurent la prise en charge des cas de grippe, alors qu’il y a un mois, on hospitalisait tout le monde...

Les deux discours en même temps, étrange.

D’où viendrait cette panique organisée ? 2 possibilités : l’une effrayante ; l’autre épouvantable :

La compagnie Roche a reçu les droits de vente et de marketing exclusifs de Gilead Sciences Inc, il y a une quinzaine d’années. Et selon vous, qui était le directeur, deux ans avant d’être nommé au poste de Secrétaire à la défense dans l’administration américaine ? Donald Rumsfeld. Toujours actionnaire à l’époque de la panique organisée par une communication de Bush, laissant entendre que la grippe aviaire ferait 2 millions de morts aux USA. Il n’en fut rien mais des millions de doses ont été commandées à Roche.

On voit où je veux en venir : la réactivité (pour ne pas dire la complicité) des gouvernements crée les conditions d’un marché juteux. Si j’étais dirigeant de laboratoire pharmaceutique ou ses actionnaires, je ferais "actionner" les leviers de la peur ! Je ne ferais pas mieux pour mon porte-monnaie que d’affoler les populations ! Je ferais tourner jour et nuit sur toutes radios le compteur des cas infectés ! Quand on voit la vitesse des gouvernements, comme le gouvernement Français, à débloquer, en pleine récession du siècle (!) 698 Millions d’Euros dans l’achat de vaccins... pour une infection qui ne donne que de la fièvre !
Mais allons-y ! On croit rêver, mais on ne rêve pas. Pendant ce temps, des maladies graves comme la cécité des rivières, ou le virus Ebola, courent toujours ! Effrayant.

La seconde hypothèse fait froid dans le dos.

Les laboratoires Baxter ont été admonestés pour une "erreur" (chronologie sur le Post) où le virus H5N1 se serait recombiné par erreur avec le H3N2 lors d’expérimentation sur des vaccins (!). Mais dites-moi, on fait des expérimentations de quels types dans ces labos ? Il y a des psychopathes qui bossent là-bas, chez Baxter en Autriche ?
L’O.M.S a lancé une enquête sur ce sujet si sensible. Les deux virus auraient été mis en contact et par réassortiment des gènes, et le virus hybride aurait vu le jour. Bravo ! Qu’en est-il des normes et protocoles de sécurité ? Ce virus a-t-il été au contact d’un porc ? Qui l’a attrapé ? Serait-il dangereux ? Pourquoi on ne communique pas là-dessus ?
L’analyse du bloggueur Québécois François Marignean est convaincante :
Le programme auquel adhère le laboratoire Baxter (Biosafety Level 3) est un ensemble de protocoles de sécurité en laboratoire pour prévenir la contamination croisée du matériel. Il paraît donc improbable qu’il y ait pu y avoir "erreur"...
Une épidémie provoquée par exposition "par erreur" d’un virus hybride, pas méchant, qui laisserait tout de même bonne conscience à ces marchands de santé, aurait pour conséquence une hausse instantanée de l’action et de de la commande publique de vaccins contre la grippe A, H1-H2-H3-H4-H5 et demain H6...

*voir l’enquête Agoravox sur l’obligation vaccinale
(Aux commentateurs de tous poils, je ne dis pas que la grippe porcine n’existe pas, je dis qu’il faut prier pour ne pas attraper la grippe A, ou le prion de la vache folle, ou le virus Ebola, ou faire une complication neurologique suite à une vaccination.)


9 juillet 2009

On devient "OUFS"



Avertissement à la suite de la parution de ce billet sur Agoravox.fr et Yahoo Actualités, de nombreux commentaires mettent en évidence l'indigence du titre de cet article (ou de ce pensum). 

J'aurais pu le titrer

"Mesure N°1 : réintroduire l'uniforme à l'école"

Mais le titre choisi laisse la lecture plus ouverte et oriente le lecteur de façon plus sournoise vers une réalité sociale difficilement acceptable, dont la France s'enorgueillit de faire un tabou : l'involution de ses moeurs vers la violence, et de sa langue vers un médium utilitaire, comme le disait si bien Marc Fumaroli dans son article du Monde des livres de ce mois-ci, consacré à Rabelais.

J’ai longtemps résisté au voyage de Londres.
Que savais-je de cette ville, à part son statut de première place financière et coloniale du monde ? Rien.

Pourquoi donc l’école ne nous a-t-elle rien appris de la culture anglo-saxonne et du monde anglais encore moins. Même pas une ligne de Shakespeare lue à l’école, tenu pour trop difficile. Ne nous parviennent que les caricatures, l’idée d’un thé réglé sur le carillon, les sketches comiques de l’affreux Benny Hill ou du génial Mr Bean, la Panthère rose... Lorsqu’enfin je me décidai de faire plaisir à mon italienne épouse, j’arrivai à Londres avec une méfiance quasi atavique pour l’Anglais, tout Picard que je suis, et tout ignorant aussi.

Moi, un républicain de gauche, un gaulliste, je conçois au retour de cette île un sentiment de divorce avec la France.

Encore embrumé de sommeil, c’est une multitude de petits détails qui me frappèrent dès ma descente du train. La sympathie du bistrotier, qui nous avait préparé vers 8 heures le matin un breakfast complet, composé d’oeufs au bacon et de haricots blancs sucrés, tranchait singulièrement avec la façon dont les serveurs parisiens vous jettent le jus de café à figure. Mais je me gardai bien d’en faire une généralité. Les parisiens, de l’avis général, sont cassants, préssés, stressants.
Puis, c’est après avoir pris le premier bus, en longeant les couloirs du métro, où je ne constatai nulle trace de dégradation sur les sièges ou de vandalisme sur les murs, que je me surpris à penser soudain : -“Pauvre de nous... qu’avons-nous raté, de quoi souffrons-nous, quelle mauvaise conscience avons-nous, pourquoi nous sommes-nous arrêtés d’être excellents, comment expliquer la dépression morale collective dont la France semble être affectée en l’an 2000 ?...”.
Une image triste de mon pays m’envahit alors par une sorte d’effet miroir. Une comparaison bien involontaire heurtait la fierté que j’ai pour mon pays, si souvent à la tête des grandes avancées humaines.

L’ambiance d’un métro reflète beaucoup de choses d’une cité traversée.
J’ai pris celui de Lisbonne, de Rome, de Marseille, de Lyon, et j’utilise tous les jours le métro parisien ; à Rome c’est l’individualisme de qui ne veut pas se salir au contact des autres qui saute aux yeux ; à Lisbonne, l’allure engourdie des passagers, la saudade portugaise ; à Marseille les regards qui s’évitent, à Lyon la froideur indifférente, le règne des apparences jaugées.
À Paris, ce qui frappe c’est la violence prête à exploser, latente, asociale, de passagers que le nombre des autres gêne, la crasse des couloirs et des rames, leur odeur putride, la mendicité des nouveaux Roms européens, les alcooliques venus s’abîmer dans la capitale française pour quelques sous, le spectacle pessimiste des fous toujours plus nombreux à hurler leur maladie à la face des gens, coupables de rien.

À Londres, ce qui frappe c’est la discipline des usagers, même lorsqu’ils sont touristes Romains, Lyonnais ou Lisboètes (!). On dirait qu’il en va du calme dans la cohue, dans la fluidité des relations et des translations, comme il en va de la fluidité des transactions et des relations commerciales, sur fond de dureté sociale acceptée. La propreté aussi : pas un clébard, pas une crotte glissante ou puante, pas de pigeons envahissants, et même un écureuil à Russell Square... Nous avons croisé deux chiens en 36 h ! Pas de mur déguelasse de pipi ou de peinture. Un chauffeur de bus nous a spontanément demandé où nous voulions aller en descendant à Trafalgar, et nous a conseillé les lignes à prendre, quand à Paris ils ne vous regardent même pas ou pour vous signifier que vous les dérangez.

Si le Français est un Italien de mauvaise humeur, selon le mot de Cocteau, l’Anglais est-il un Français royaliste, avec un grain de folie ?
Si nous étions au moins aussi serviables et courtois, nous pourrions donner des leçons au reste du monde. Si comme eux l’ont fait avec leurs upper-classes en 1942, au titre de l’effort de guerre (les Bevin boys) si nous avions fait descendre nos jeunes néo-aristocrates des Grandes Ecoles au fond de la mine, avec les mineurs, nous pourrions peut-être donner quelques conseils...

Mais nous n’avons jamais fait que protéger 200 familles, qui ont multiplié et sont aujourd’hui 500.

(À ce propos on se dit que nous avons un Président à l’image parfaite du français d’aujourd’hui, arrogant, inculte, insécure, clinquant, filou, paranoïaque, prétentieux
Arrêtons de lui taper dessus : il nous ressemble, comme Berlusconi ressemble aux Italiens ! )

Il est sûr que Londres n’est pas le Royaume-Uni, et qu’il serait absurde de vouloir mettre sur le même plan l’humeur d’un londonien de la City, avec son niveau de revenus, son plan de carrière, et celle d’un sujet de la banlieue de Manchester, qui partage sûrement la même difficulté à survivre avec l’employé sous-qualifié de Lubelskie ou de Moselle. Ce n’est pas que je veuille idéaliser la vie londonienne, rapide, laborieuse mais plutôt que j’aie pris conscience de la formidable régression que la France connaît depuis peut-être vingt ans, au niveau économique (bien sûr) mais surtout sur le plan sociologique.

Comment la France, qui se targuait naguère d’être la troisième puissance mondiale, qui fut au XX° siècle en pointe de la plus haute technologie, nucléaire, de télécommunications, de la chirurgie, de l’aéronautique, des mathématiques, de la psychologie infantile, qui berça des générations de musiciens jusqu’à Messiaen et Poulenc, des auteurs dramatiques jusqu’à Guitry et en attira d’autres comme Beckett ou Copi, nourrit des peintres comme Seurat ou Van Gogh, ce pays dont les images des fraîches années d’après-guerre nous montrent une société solidaire, où les bals populaires et les églises tenaient lieu de rassemblement festifs, ce même pays où maintenant la seule “Fête de la Musique” voit se concentrer de tristes masses d’individus qui s’amusent la tête dans un haut-parleur, dont les parents vivaient mieux que leurs parents mais qui vivent moins bien qu’eux, où le taux de suicide est depuis plus de dix ans la première cause de mortalité, qui a perdu la souveraineté de son économie, de sa monnaie, de sa politique, comment cette société là, dis-je, sous nos yeux disparue, a-t-elle vu son dynamisme, sa joie de vivre avec elle, littéralement disparaître ?

Comment ce pays, considéré dans le monde comme le berceau des avancées intellectuelles, a-t-il vu son influence diplomatique, militaire, industrielle, décroître à ce point en l’espace de trente ans? Comment ce fer-de-lance de la construction européenne a-t-il vu sa création le renverser, comment est-il devenu celui des émeutes et des banlieues armées, pourquoi est-il devenu le pays de la première consommation de psychotropes au monde et champion du chômage record des jeunes de moins de 25 ans en Europe (à moins que ceci n’explique cela), ce pays développé qui voit revenir le même taux d’illettrisme qu’au début du siècle précédent ?

Notre pays, premier à voter Non au projet de Constitution Européenne, est-il réduit à être la patrie des exclus et donc des refus, de l’intégration culturelle à marche forcée, des combats larvés, de l’abstention électorale, de l’impuissance démocratique, du déficit commercial ? Ou pour poser la question autrement : par qui, ou “pour qui” un tel pays a-t-il vu sa superbe ainsi mise à mal ? Car le portrait de l’orgueilleuse France des années 70 avait de quoi inquiéter les plus grandes puissances comme le Japon, les U.S.A, le Royaume-Uni. À consulter les grandes statistiques, L’Angleterre a le même déficit commercial que la France, avec beaucoup moins de rentrées touristiques, les sujets de sa gracieuse majesté voyageant deux fois plus qu’ils n’accueillent.

Londres accueille plus que Paris d’immigrés sur son territoire. Mais sont-ils moins malheureux qu’en France ? En deux jours de présence in-extenso dans la ville de Dickens, pourquoi nous ne vîmes que deux chiens, aucun fou furieux, ne vîmes aucune inscription à l’aérosol sur les murs ou sur les trains, n’entendîmes aucune altercation, toutes choses inciviles qui sont depuis des années le quotidien, fatigant, du parisien moyen ? Je n’ai plus aucun complexe à déclarer que oui, c’était mieux avant.

Mais avant quoi ? L’acte unique européen, avant la traité de Maastricht, avant Mitterrand, avant Tchernobyl, avant Sarkozy, avant la vague d’immigration de 1963, avant le choc pétrolier, avant le chômage de masse, qui répondra ?

D’abord chacun sait que Londres est une terre d’immigration depuis plus longtemps que Paris. Mais à la différence qu’il s’agit là d’une immigration réussie, victorieuse économiquement, et pas une immigration comme en France qui vécut son arrivée comme un débarquement dans une société a priori hostile. Nous payons un lourd tribut dans les esprits à la guerre d’Algérie et ses atrocités, même si les effets se tassent avec le temps.

Un petit camarade de classe, Abderazack, avec qui je jouais beaucoup, me confiait, sans mesurer la portée de ce qu’il disait, que ses parents, arrivés en France à la fin des années 60, lui disaient :Tu sais, nous, on est là pour niquer les Français...” Hélas, triste condition pour un enfant qui grandit, et tentera de trouver positivement sa place chez des ennemis.

Pourquoi, dans une région aussi proche de nous que Londres, et qui obéit à peu près aux mêmes règles économiques et financières, les banques ont-elles l’air de faire leur travail, capitaliser, aider l’entreprise, et ici, à quelques encablures pourtant, les même commerces ou entreprises ferment, ou pire ne s’ouvrent plus, au profit du rachat cash des boutiques parisiennes par la même organisation chinoise ? Pourquoi diable ? (500 boutiques pour un seul arrondissement de Paris).

Il fallait observer ce samedi soir 23 heures, en descendant du train, Gare du Nord, le boucan infernal que faisaient quelques jeunes gens, usagers du métro, dans les couloirs, dans les rues, qui avaient l’air de s’amuser en poussant des cris. Un Anglais se serait exclamé : “des animaux, des animaux...” Nous observions cela alors que nous revenions à peine de l’une des villes les plus grouillantes au monde.

La veille au soir, nous ne nous étions pas reclus dans notre petit hôtel familial (une petite entreprise familiale anglaise, pas une multinationale du sommeil), et nous avons même traversé Soho, le quartier animé du West End, où un autel avait été élevé à la mémoire de Michael Jackson sous l’affiche de son prochain concert. Pas de sentiment d’insécurité, pas d’agent de police dans tous les coins, nulle rixe, pas un mendiant, pas de provocations. Une population qui avait l’air d’être en paix et qui voulait juste décompresser de sa semaine. Jeune ou moins jeune, vivante, rieuse certes, mais pas tapageuse. Tout comme ces lycéens costumés qui venaient de visiter le Globe theater, et qui sortaient déjà en rang deux par deux, sans avoir l’air d’être malheureux du tout. Aucun n’avait de Game-boy ou autre Ipod sur les oreilles. Le prof arrivait tranquillement derrière, discutant avec le guide, pendant que ses trente élèves l'attendaient sur le trottoir... 

Ce n’est pas l’impression qui se dégage d’une sortie scolaire aux même heures dans un quartier de Paris, de Marseille ou de Lyon. C’est même tout l’inverse.

25 juin 2009

1 SMS pour 2 : le essèmesse nuit-il à l’orthographe ?








À l’heure où des cabinets de recrutement trouvent de jeunes cadres Bac +5 menant et malmenant comme des charretiers la langue de Victor Hugo, je trouve très curieux la façon dont les opérateurs facturent leur service de SMS. L’on sait qu’un sms leur revient à 1 centime d’euros (disent-ils). Eux qui engrangent des milliards d’euros de chiffres d’affaires, qui sont devenus les pétroliers du tuyau d’informations, les voilà qui mégotent sur des accents !


L’évolution intrinsèque d’une langue vivante peut quelquefois laisser perplexe l’amateur de Voltaire, de Cohen ou de Pagnol. Il y a toujours une limite au-delà de laquelle l’orthographe nuit gravement à la fluidité de la lecture, même pour un texte simple d’un contemporain. Les difficultés que pose la lecture de Gargantua dans l’écriture originale de Rabelais tiennent, elles, à la fois de la graphie des mots ainsi qu’à l’usage qui en est fait.

Mais la lecture d’un SMS devrait être plus aisée aujourd’hui que ces merveilles peu à peu oubliées de notre patrimoine linguistique. Elle peut se révéler quelquefois aussi déroutante qu’un bon vieux Villon. Je reçus un jour un énigmatique “sen dekoné !”. Sommes-nous revenus à la veille du XVI° siècle où l’on déplorait la “cacographie” ? Les efforts conjugués des lexicographes et des grammairiens depuis cette époque seraient-ils bientôt réduits à néant ?

Je m’applique toujours à respecter la langue française dans son orthographe, surtout par respect pour le lecteur, car je suis moi-même gêné de devoir lire quelquefois des manuscrits que des amis bienveillants m’envoient. Lorsque j’y trouve : “Quel honneur se fût pour moi...” ou encore “sept années c’était écoulée” au sein d’une phrase qui déjà peine à se développer, ma vigilance orthographique m’empêche de saisir le sens du texte. Un texte truffé de fautes exige de son lecteur qu’il mette en marche une sorte d’activité cérébrale supplémentaire, s’ensuit une peine à lire.

La langue est difficile en son orthographe, la chose est connue depuis qu’au XVI° siècle déjà un certain Robert Estienne s’employa dans son “dictionnaire francoislatin” à en réformer la notation.
Mais aujourd’hui, sans être un conservateur acharné d’une langue amenée de toute façon à s’enrichir des apports extérieurs ou à évoluer selon les usages du français tel qu’on le parle, selon le cours des sciences et techniques, des pensées, du cours de l’histoire, je trouve choquant qu’une disposition technique des opérateurs de téléphonie prime cet archéo-créole régressif.

En effet, j’apprends avec stupéfaction une sur-facturation de la part d’un opérateur de téléphonie mobile. On m’explique qu’un sms de plus de 160 caractères coûte le prix de deux messages. Je ne comprends alors pas pourquoi il m’a été facturé 52 sms lorsque j’ai envoyé le même message à 26 destinataires, comme suit :

“Chers amis, nous y fûmes, et tout le mérite a été le nôtre. Ah, se réveiller entre des nymphéas, même à Trouville... un rêve !” Ce message comprenait 153 caractères, espaces compris.

Mais la comptabilité particulière des opérateurs en décide autrement puisque, si les espaces comptent pour un seul caractère,
les virgules, les points d’exclamations et les accents comptent pour deux caractères !

Grâce à ses accents, ou à cause d’eux, ce message est comptabilisé à 175 caractères. Supérieur à 160 caractères, il me coûte donc 24 centimes d’euros.

Si j’avais écrit (comme j’aurais dû) :

Cherzami nouzy fum e tou le merite a ete lenotre Ah se reveiller entre dé n1phea, meme a trouville... 1 reve !”. Ce sms typique m’aurait coûté 12 centimes. Il est comptabilisé à 110 caractères.

J’aurais même pu être prolixe, continuer sur 50 caractères à massacrer l’orthographe pour le même prix ! Pas sûr que mon directeur artistique eût trouvé mon français si élégant !

Donc sur un même message, 65 caractères de différence selon que vous êtes respectueux de la langue ou que que vous ne le soyez pas.
45% moins d’espace pour qui écrivent en bon françois.
Dans mon cas, 52 messages à 12 centimes x 2 messages (dus au dépassement du plafond de 160 caractères) ça fait 6, 24 €, au lieu 3 € 12.

Vous avez dit “pouvoir d’achat” ? Vous avez dit “lutte contre l’illettrisme” ?

Les opérateurs ont beaucoup de clients parmi les jeunes de moins de 18 ans, encore en formation.
Cette comptabilité d’apothicaire désargenté revient à pénaliser ceux qui respectent la langue officielle. Je ne suis pas certain que cela encourage l’effort ni le goût du bien écrire (à défaut du bien parler) chez les plus jeunes qui sont de gros utilisateurs de messages.

Notre langue compte parmi les plus difficiles à bien écrire. Elle exige à un bon élève une dizaine d’années de fréquentation quotidienne et surtout d’attention avant d’être maîtrisée à peu près.
Le service de la Francophonie au Ministère de la Culture ne pourrait-il pas exiger un tarif unique du sms ? Ou cela serait-il trop demander aux opérateurs que de faire un geste pour la langue française ?

2 juin 2009

Vol AF 447, l’hypothèse de Monsieur X


On ne saura peut-être jamais ce qui s’est passé au large de Recife la nuit du 1° juin 2009, lorsque brusquement la trace du vol AF 447 a disparu.

L’infomation principale, le bilan humain, est terrible : 8 enfants, dont un bébé, 126 hommes, 82 femmes. L'équipage est composé de 12 navigants : 3 navigants techniques et 9 navigants commerciaux.

Ce qui laisse ouvertes les nombreuses spéculations, c’est que 36 heures après l’annonce de l’événement, aucune information ou presque ne filtre. Personne ne sait rien. En même temps la direction d’Air France croit bon déclarer, à 12 h 25, qu’il “n’y a plus aucun espoir”... Pourquoi s’avancer de la sorte ? La chronologie, délivrée par le site nouvelobs.fr, est précieuse. Qu’y lit-on ?

Que l’avion serait entré dans une forte zone de fortes turbulences. Elles sont classiques dans cette zone. Je me souviens avoir passé un mauvais quart d’heure à bord d’un Boeing 747 en août 1979, exactement au même endroit. A l’époque, le commandant avait fait demi-tour plutôt que de traverser coûte que coûte les orages. Les ailes du 747, traversant les éclairs et les bourrasques, faisaient une danse vertigineuse de haut en bas. De retour à Rio, nous avons changé d’appareil. Autres temps, autres moeurs.

Mais ce qui m’interpelle vient ensuite.

4 pays s’impliquent dans recherche d’un écho radar, soi-disant. France, Brésil, Sénégal, Espagne. Le contrôle aérien militaire français demande au Brésil à 7h30 d’envoyer deux avions de recherche.

Un cinquième pays entre en jeu : les U.S.A sont priés d’aider notre armée (!) à retrouver les traces de l’avion à l’aide d’images-satellite. Dans la nuit de lundi à mardi, on apprend qu’un avion militaire d'observation a été envoyé par les Etats-Unis pour localiser les traces de l'Airbus. Or, n’avons nous pas ce matériel de reconnaissance ? Même deux avions brésiliens dotés d'équipements électroniques, de radars et d'infrarouges poursuivent les recherches.

Pourquoi donc les U.S.A entrent-ils dans l’affaire ? Seraient-ils partie prenante ?

Mais ce n’est pas tout. Une heure plus tôt à 17h15, le Président de la République, Chef des Armées, arrive à la cellule de crise mise-en-place à Roissy. Que fait-il ? Avec une tête de circonstances, il adresse ses plus vives condoléances au familles des personnes disparues. Les bras m’en tombent... 

Dès lors, deux possibilités s’offrent à notre intelligence limitée de citoyens ultra-informés (n’est-ce pas ?) :

Soit il est à connaissance d’événements tragiques identifiés mais classés secret-défense, telle une bavure aérienne d’un pilote de chasse d’une armée étrangère par exemple. Soit le Président est furieusement indélicat de s’avancer ainsi au-devant du choc psychologique provoqué par une telle annonce présidentielle. Il ne tient pas sa langue plus longtemps, en tout cas, ce qui pour un Chef des armées, pose un léger problème.

En somme, nous ne savons rien, mais le Président, lui, sait qu’il n’y a pas de survivant.

Comme par hasard, l’information donnée par le rapport de traversée du pilote Brésilien, qui faisait le trajet dans l’autre sens, ne tombe que 24 h plus tard. Pas très loquace le commandant. La question s’ajoute aux autres : comment une information aussi simple mais importante a-t-elle pu être masquée au moment où notre Président faisait ses condoléances ? N’a-t-on pas demandé à ce commandant de ne pas divulguer publiquement cette information ? Et donc en quoi gênait-elle ? N’a-t-il pas vu plus de choses qu’il n’aurait dû voir ?

Autre élément : aucun bateau marchand n’aurait croisé depuis 24 h dans ces eaux là, et n’aurait détecté quelque débris ou objet flottant ? 

On le voit le silence qui entoure cette affaire est lourd de sous-entendus.

Récapitulons ce qui fait l’étrangeté de l’affaire :

  • Jamais un foudroiement ou une perturbation n’a disloqué un avion de ligne, c’est pourtant l’argument privilégié par Air France.
  • Jamais une hypothèse aussi farfelue n’a été mise en avant de cette façon par une compagnie aérienne aussi sérieuse qu’Air France.
  • Jamais le témoignage d’un commandant de bord n’a été aussi longtemps tenu secret.

Jamais aussi peu de témoignages ne sont parvenus en 36 heures.

Il y a des précédents. 

En décembre 1991, Louis Gandois Président de la SNCF et Michel Chevalet étaient venus nous expliquer que la glace sur les caténaires empêchaient les TGV de circuler entre Grenoble et Paris. 30 000 passagers étaient alors retenus. Un contrôleur croisé le lendemain, revenu épuisé de ce voyage, bloqué dans un TGV me disait avoir vu la police inspecter tous les équipements d’aiguillage après une alerte à l’attentat que le G.I.A avait lancée. Raison d’Etat, personne n’en a rien dit dans les médias.

Je viens donc à ce qui paraît le plus probable :

L’avion entre hors-zone radar, une panne électrique importante et une visibilité nulle fait dévier l’avion de sa ligne, désorientation spatiale des pilotes, perturbation électrique l’avion pique pour vers les USA. Le Pentagone prévient l’avion qui ne peut plus recevoir de messages radio. Il ne répond pas. Dans ce cas là, où un avion adopte un comportement qui laisse penser à un détournement, considéré comme dangereux, on le sait depuis le 11 septembre 2001, l’armée américaine abat l’avion civil... 

Ceci est une hypothèse. Et le restera.

22 avril 2009

Férier plus pour fêter plus !


En ces temps de syndrôme "Brice de Nice", de discorde nationale, marqués par la valse des claques, que les chefs d'Etats se distribuent à tout-va, excuses des uns aux autres, de Ségolène Royale aux peuples Africains (cassée), des patrons du pneu à leurs ouvriers, de Joffrin à l'Elysée, du P.S à Lefèvre, des juges à leurs justiciables, de Zapatero à son traducteur, je propose un moment d'unité, de communion.

Le 7 mai prochain nous allons fêter le second anniversaire de l'avènement de Nicolas Sarkozy.
Ne faut-il pas férier plus pour fêter plus ?

Je propose que la France, ce pays de Cambronne, instaure un jour férié de plus le 07 mai, et défile, en silence, religieusement, en l'honneur de notre Président.

Commerces fermés, portables éteints, cagoules remisées, battes remballées, avec le badge "NS"* au col, et le petit guide bleu de l'UMP avec soi. Comme ça, on lui fait sa fête à nous.

Sinon, ça va être rediffusion du film "La Gifle" pour tout le monde sur toutes les chaînes du service public, le 1er mai, après la bagarre.

Ce serait un beau jour que celui-là, le 7 mai, juste avant le 8, et correspondrait en tout point à ce que notre Président tellement dévoué et respectueux attend de nous, Français. Que nous sommes agressifs, coléreux, sourcilleux ! "Pauv' cons..."

Mène-t-il campagne ce Président aux six cerveaux (!) en faveur de deux nations en Israël, de la paix en Georgie, prend-il rendez-vous avec le bon George W. Bush alors qu'il n'était que Ministre (tiens, tiens...), ne nous fait-il pas rentrer "à la maison" de l'Otan, ne protège-t-il les intérêts (fiscaux) des investisseurs de ce pays (juste avant la crise), juste avant que que les rats ne quittent le navire, que voilà ce peuple désobéissant et discourtois le brocarder à n'en plus finir et cette égérie socialiste jouer la mouche du coche ! Oooh, que c'est agaçant à la fin... de quoi faire des migraines. Point d'excuses à faire pour les propos de notre Président, il est assez grand, assez fin, à son âge, pour en prendre la responsabilité ! Quand on a la responsabilité du feu nucléaire sous les doigts, on a assez de maîtrise de soi pour ne pas s'exprimer à la légère ou de façon impulsive ; hors de propos.


*NS : "non-sense"

14 février 2009

Marco Panzani : "Qu'est-ce que ça mange un comique ?"

sur billetreduc.com















Pour l’heure, M
arco Panzani fait peut-être moins de bruit que toute une génération trop spontanée d’humoristes qui ont surtout l’humour des autres, ou pour qui faire rire est le métier le plus facile du monde. Lui, c’est tapi dans la noble discrétion des artisans du rire qu’il écrit ses textes.

Jusqu’à fin mars 2009 à 19 h, dans "Pourquoi j’suis moi ?", l'humoriste Marco Panzani, auto-produit un spectacle sans prétention ni pathos. Il convoque tout du long les voisins d’en face, un pharmacien, sans cérémonie, par petites touches, sans être à la recherche maniaque d’un rire à tout prix.

La dictature du rire, si fréquente chez les humoristes, ne le concerne pas. Comme toutes les dictatures, celle-là non plus ne prête pas à rire, et Marco Panzani le sait bien. Il a plutôt les mots qui touchent et surtout l’humour des mots qui fusent.

Etonnamment, chez ce bon enfant passé de la cuisine à la scène, un Devos de quartier, un Raymond de voisinage se dévoile. Avec lui, c’est la fresque d’une époque et les frasques de toute une galerie de personnages vivants et pittoresques avec leur façon de parler, de penser, une comédie humaine à l’échelle d’un quartier, d’un magasin, et sa chronique se fait théâtre : Nous, vous, en somme !

Notre homme a conscience de la lourde tâche qu’il a choisi. Il croit en sa bonne étoile et il a raison. Un style bien à lui, assez inimitable, une présence du cinéma des années 50, et une voix avec laquelle seuls les ténors de l’opéra de Marseille pourraient rivaliser. Car l’accent est là, bien accroché, qui porte avec lui toutes les senteurs d’un monde de soleil et de simplicité.

C’est en toute efficacité et modestie que Marco Panzani s’attache à faire naître devant vous l’histoire d’un détenu, d’un paumé, d’un huissier, de toutes ces figures que nous avons tous, un jour ou l’autre, croisé. Son client de supermarché discount tape fort là où ça fait mal car, pour Panzani, il paye moins, mais il bouffe moins bien. Comme dirait justement Devos "Maman, qu'est-ce que ça mange un comique ?" Et par les temps qui courent, on se le demande nous aussi, au moment même où nous avons le plus besoin de ceux qui nous font rire, nous entraînent à oublier le temps qu'il fait et celui qui passe.

Et, comme Marco est fils de poète et de marin, il vous emmène irrésistiblement en voyage, malgré notre humeur maussade que la neige et le froid ont endurci.

Puisqu’une critique objective se doit d’être constructive, nous pourrions conseiller à Marco Panzani de prendre le pouls de ses textes, qui font pour l’instant un peu de tachycardie, même si le rythme du comique est aiguisé à souhait. Un gaillard comme ça ne peut avoir peur du silence, et pourrait même faire beaucoup de bruit.

Au théâtre Tallia 40, rue de la colonie Paris XIII° M° Tolbiac
reserver sur “la tele de jean-luc” http://resatele.spaces.live.com/

Marco Panzani écrit aussi pour Thierry Marquet

10 février 2009

Arrêt des soins d'Eluana Englaro, diversion parfaite



L’affaire de la jeune femme sous alimentation artificielle, plongée dans un coma profond depuis 17 ans, dont la Justice après dix ans d’instruction a autorisé l’arrêt des soins intensifs, a fait couler non seulement beaucoup d’encre, mais aussi descendre dans la rue des milliers de manifestants des deux camps philosophiques opposés en quelques jours. Il est singulier de voir le Président du Conseil, Silvio Berlusconi prendre fait et cause pour empêcher par décret le décès officiel programmé de Eluana Englaro, à toute vitesse. Las, le temps leur a manqué.


Eux, nos amis transalpins, qui aiment l’invective mais n’aiment pas les coups-de-boule et ne descendent quasiment jamais dans la rue. Eux qui, par exemple, ne furent pas tenus au courant de la signature du Traité Constitutionnel Européen il y a quelques années, ont foulé le pavé cette fois-ci, bravant le froid pour le sort de la malheureuse accidentée, dont il n’était plus raisonnable de laisser dégénerer le corps dans un coma dépassé. est-ce assez pour dire que les Italiens sont devenus un peuple de cons ?


Les partisans “pro-life” italiens croient aux miracles et Silvio Berlusconi qui a leur écoute, a demandé une minute de silence au Sénat. Le sulfureux avocat Carlo Taormina porte plainte pour “homicide” (contre la Cour d’Appel ?) et a adressé au Seigneur une requête concernant la demoiselle décédée, puis a imploré le pardon “pour ceux qui l’ont amenés à ce point”.


Vous avez dit laïcité ? Pour des gens attachés aux valeurs chrétiennes de la Famille, il n’aurait pas été étrange qu'ils déclarent : ”Si tel est le souhait de la famille, alors nous ne pouvons que nous incliner, etc.”...

Non, Silvio Berlusconi a justifié cette hâte législative sans précédent dans l'histoire parlementaire italienne par la volonté de ne pas "être accusé de non-assistance à personne en danger". On vit moins de compassion contrite lorsqu’il s’est agi d’envoyer des milliers de soldats Italiens en Afghanistan...


Le pouvoir italien sous-entend que les juges, les médecins, la famille de la jeune femme, ont pris une décision contre "la Vie", entendez contre l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine. Eglise qui n’est vraiment pas à une contradiction près, et ne trouve pas mieux -pour faire diversion à ses querelles intestines peut-être- que de soutenir ce qui reste de plus matériel chez une personne, son corps, après que la pensée l’ait quittée !

Drôle de combat spirituel, drôle de pensée chrétienne, ne trouvez-vous pas ? Pour l’Eglise catholique, la décision de justice ne vise pas à éviter l’agonie interminable et les complications qui sont à la clé de cette survie artificielle, non, il s’agit d’un “meurtre”... Sans commentaire

Pour le gouvernement, il vaut mieux 100 manifestants pro-life sur le pavé que 50 contre la vie chère ou les délocalisations accélérées, voire sur les affaires de corruption, d’exploitation du travail clandestin dont toute l’Italie s’indigne, sauf les pouvoirs en place. Mobiliser pour les valeurs de l’Eglise fait oublier les maux ordinaires et place le débat à un niveau philosophique qui revigore la gauche endormie et la droite qui sommeille dans un état totalement comateux, eux aussi. Diversion qui tombe bien au calendrier des avanies ordinaires des pouvoirs usés. La Rai Uno consacrait une soirée spéciale au non-événement, c’est dire si les questions d’éthiques sont sensibles en Italie.


La question que je me pose est : Comment vit un poly-traumatisé crânien ? Quel est le quotidien des proches ? Comment se réveille une personne dont le cerveau n’a pas fonctionné depuis 17 ans ? Le site ieb-eib.org (chrétien) donne des renseignements : 


"En moyenne, un patient en EVP présente une longévité de 2 à 5 ans ; mais dans certains cas, cette dernière peut s’élever à 10, voire à 20 ans. Le degré de dépendance d’un patient en état végétatif est comparable à celui d’un nourrisson : il concerne les fonctions d’alimentation, d’hygiène et de prévention de maladies ou de complications, notamment l’apparition d’escarres." (lire sur ce pdf le cas de Madeleine de Launoit pourtant restée seulement 8 mois dans le coma, c’est édifiant.)


On aurait pu penser que dans un pays développé ou soi-disant développé comme l’Italie, la vox populi eût fait confiance à la Science ou au moins en sa Justice. C’estpeut-être de là que vient le tourment. Ni  la science ni la justice ne sont plus des repères dans cette société post-industrielle.


Le Vatican, secoué en ce moment par des scandales de pédophilie en son sein, des réintégrations de dirigeants catholiques déviants, redore son blason. Comme l’a dit le pape Benoît XVI hier soir : “Je veux être seul ”. Pour sabler le champagne ou pour méditer sur les contradictions explosives de son clocher ? 

4 janvier 2009

Proposition féminine de paix : la politique du ventre vide




(Lire au-dessous l'extraordinaire commentaire sur Agoravox d'une certaine Leila (Shahid (?)).

Même si, au vu de la violence des combats qui défigurent Israël et la Palestine, il apparaît que la solution de deux états démocratiques s'éloigne aujourd'hui à la vitesse des missiles ; même si l'on comprend bien que M. Ehud Barack ne fait que gagner quelques sièges sanguinolents de plus à la Knesset ; que se perpétue de part et d'autre la politique de l'horreur, menée par une poignée d'hommes contre leurs propres enfants ; même s'il est clair que les images d'enfants morts qu'on voit sur Al-Jazeera sont autrement plus parlantes que celles, plus propres, qu'on nous montre sur TF1 ; même si le monde sait que tout n'a pas "commencé par des tirs de roquettes" un beau matin de 1948, il est permis d'imaginer des solutions, réalistes ou pas.
Mais quand l'espoir s'envole ou que des utopies sont criminelles, il reste les rêves.

Il resterait aux femmes jamais citées de ces deux pays de mener enfin leur guerre à elles. Pourquoi dénier aux femmes le premier des pouvoirs qu'elles ont sur les hommes ? Pensons-nous que les femmes des deux pays, veuves éplorées, mères effondrées, aient assez de fanatisme aveugle pour souhaiter sans fin que leurs enfants, encore au sein, tombent demain sous les bombes, allongeant la liste de ceux qui déjà dans la tombe ?

Que diraient les dirigeants et groupes armés des deux pays si les femmes se retrouvaient toutes, d'une part et d'autre du mur, de sécurité pour les uns, de la honte pour les autres, et proclamaient la Grève du ventre ? "Nous, on arrête ! Nos ventres n'abritent ni des otages ni des futurs terroristes, nos seins n'ont pas pour vocation d'alimenter les holocaustes !"

A la politique de la chaise vide se substituerait la politique du ventre vide. La force de l'inertie quand la force des armes devient assourdissante. A quoi bon, en effet, vouloir assurer sa descendance quand sa descendance n'est pas assurée de vivre, ou que sa descendance n'a que l'assurance de vivre sous la menace de la mort ?

Au programme de ce monde idéal, pour chaque offensive menée : grève triennale du ventre. Trois offensives, neuf ans sans naissances...etc. Il y a fort à parier que les dirigeants, masculins pour la plupart, se montreraient plus diplomates avant d'engager une guerre, privilégierait toujours la voie politique et non la violence ou les blocus, et se mettraient à traiter -peut-être- les femmes avec plus de considération, d'égal à égal. Le vingt-et-unième siècle serait féminin.

Eylan Sevan, documentariste, disait lors d'une interview "à tombeau ouvert" sur la même chaîne, disait que de nombreux citoyens israéliens ne sont pas assez fous pour envoyer à la mort de leur plein gré leur jeunes soldats et leurs renforts et que tout cela ne se fait pas dans la ferveur rapportée par la propagande "occidentale". Sauf qu'il y a des femmes qui s'engagent dans l'armée...



> Gaza : Le ballet diplomatique de l’impuissance est en marche !
par Leila (IP:xxx.x04.139.54) le 5 janvier 2009 à  10H11 
Topolanek ne voit-il pas, ou ne veut-il pas voir ? 

Les quelques Occidentaux qui sont restés à Gaza au péril de leur vie ont réussi aujourd’hui encore à faire passer des informations. Ils seront bientôt réduits au silence, morts peut-être. Alors on n’entendra plus à la radio que les déclarations mensongères de l’armée israélienne. Et quelques semaines avant les élections, Tzipi Livni annoncera triomphalement: « Israël a gagné la guerre ». 

Les hélicoptères Apache tirent sur tout ce qui bouge. Les obus tombent sans discontinuer. 130 raids aériens dans la seule nuit de lundi. Il n’y a plus d’eau ni d’électricité. Beaucoup d’habitants campent dans les ruines. Les ambulances ne circulent plus. Les hôpitaux ne fonctionnent plus. Des médecins et des infirmiers ont été tués. Il est devenu impossible de compter le nombre de morts. 

Les experts militaires estiment que dans le bombardement d’une ville il faut compter en moyenne un mort par tonne de bombes. Il est donc probable que les bombes israéliennes (plusieurs centaines de tonnes par jour) ont déjà fait plusieurs milliers de morts. 

Ce massacre est une première dans l’histoire mondiale. Une population d’un million et demi de personnes, emprisonnée sur une bande de terre aussi petite que l’île de Wight (360 km2), est soumise depuis dix jours à un déluge de feu comme on n’en a jamais vu. Aucune possibilité de s’échapper. Les chars sont entrés dimanche soir, suivis de l’infanterie, pour finir le travail de l’aviation. Le sort des populations de Sarajevo et de Grozny était moins cruel.

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> Gaza : Le ballet diplomatique de l’impuissance est en marche !
par spartacus1 (IP:xxx.x32.165.145) le 5 janvier 2009 à  10H18 
À tous ceux qui défendent les attaques israéliennes. 

J’imagine que dans les années 1940, vous auriez été du côté des nazis qui anéantissaient les juifs du ghetto de Varsovie, après les avoir affamés par un blocus impitoyable ! Juifs qui avaient l’audace d’oser se défendre courageusement, avec des armes minables, face à la puissance hitlérienne. 

Aujourd’hui, c’est un peu la même situation, mais certains des enfants des victimes d’hier sont les bourreaux aujourd’hui. 

Moi, dans les années 1940, j’aurais été du côté des juifs. Maintenant, je suis du côté des palestiniens. 

Quoique goy, j’ai enseigné plusieurs années dans une école technique juive. Je me suis fais de nombreux amis juifs. Tous se disent horrifiés de ce qui se passe à Gaza et dénient totalement au gouvernement israélien actuel le droit de les représenter. 



Pour avoir l’éclairage d’un Israélien vivant en Israël: 
http://contreinfo.info/article...

J’aime bien la conclusion: 

L’autre jour, mon chauffeur de taxi à Tel-Aviv réfléchissait à voix haute: Pourquoi ne pas mobiliser les fils des ministres et des membres de la Knesset, les rassembler en une unité de combat et les envoyer à la tête de la prochaine attaque terrestre sur la bande de Gaza ? 

Une autre: 
http://contreinfo.info/article...

22 décembre 2008

Garanca et consoeurs, mais que reste-t-il aux autres ?



Ne la ratez sous aucun pretexte ce mercredi 24 décembre à 19 h 30 sur ARTE en direct du Concertgebouw d'Amsterdam.
Vous comprendrez pourquoi il devient difficile à une Roseline-Dupont de percer dans la carrière de chanteuse lyrique quand, au détour d'un reportage sur Arte sur les répétitions de La Clemenza di Tito de Mozart, on découvre au travail le Mezzo Elina Garanca (prononcez Garantcha) qui interprète le rôle travesti de Sesto.



Pour tous ceux qui doutaient qu'une chanteuse est un délicat mélange de féminin et de masculin, (idem à l'inverse pour les chanteurs) je vous propose de découvrir cet extrait sympa de répétitions de Bajazet, où Elina ne fait pas exception à la règle :




Dire que c'est un beau mezzo ne serait pas correct : cette Lettone à la trentaine arrogante est renversante de beauté, tellement même que la soprano Anna Netrebko passerait presque pour une poissonnière à ses côtés. Entre la poissonnière et la Lettone, y a pas photo. Et pas de concurrence entre elles, heureusement car on n'imagine pas sinon les coups bas, les crêpages de chignons, les calomnies ! (entre leurs agents bien sûr).




On en est sûr, on a donc un mezzo lyrique, plein, gras, lumineux, stable, chaud, (ah ! le stable chaud !) à l'aigu clair, et aux yeux bleus, subtiles amandes qui font vaciller le sol de tous les malheureux qui ont pu approcher cette beauté sans jamais y toucher. Et donc, la question me brûle les lèvres et brûle les vôtres aussi Messieurs : "Mais quel est le fin niaiseux qui dort avec elle ? Où est le don juan d'opérette, que je le rosse d'importance..." J'en suis tellement marri que j'ai baptisé ma nouvelle lampe de bureau "Elina-Garanca" mon récent coup de foudre chez l'antiquaire : ressemblant non ?



C'est au cours d'un visionnage de Cosi fan Tutte (Aix 2005) que je suis resté suspendu. Sa présence à l'image m'empêchait d'écouter l'oeuvre dans de bonnes conditions, de rester concentré sur l'histoire, et tout allait au profit de l'interprète. Gênant non ?

Mais enfin elle est agaçante cette Garanca ! Imaginez les autres mezzos ! Elle font quoi ? Hein, elles se grattent la panse en la regardant vocaliser sur Arte ? Je veux parler de celles qui ont au moins 28 kilos de plus qu'elle !!!

Et pour ses partenaires ça ne doit pas être de la tarte ! Il faut toute la distraction d'un ténor lyrique léger pour ne pas succomber à des palpitations, "arrêt de travail M. l'Inspecteur !", ou des tonnes d'indifférence pour ne pas perdre de vue la battue du chef alors qu'on a devant les yeux ce que l'univers entier a eu le génie de produire, pour notre plus grand bonheur ephémère et notre malheur éternel. D'ailleurs, on voit sur une photo de répétitions prise à la dérobée que ce baryton s'est jeté sur elle, n'en pouvant plus, et comme on le voit ici, a tenté d'apaiser ses ardeurs de la façon la plus radicale.

Là elle était sublime. Sur d'autres extraits que j'ai trouvés, on dirait une jolie secrétaire sortie d'une pub pour shampoing :

Et à plein d'autres moments (retenez bien cela, Mesdames, fidèles lectrices qui ont pour ma personne la même passion que j'ai pour Elina) à plein d'autres moments elle est moche comme tout, surtout quand elle se marre, on dirait une baudroie, regardez :


Elina Médaille d'or au comice agricole de l'opéra section bataves et scandinaves.

Et hors concours catégorie interprète du théâtre lyrique. Sa Dorabella est splendide de finesse, d'intelligence, de jeu, de malice, de séduction bref, courez acheter le DVD du spectacle de Chéreau qui commence à diriger les femmes avec autant de plaisir que ces messieurs, mais il faut dire le bougre doit apprécier les chanteurs exigeants.Et celle-là n'a pas l'air d'une béni-oui-oui. Elle ne dit pas "oui" facilement. Dommage. Voyons :

15 décembre 2008

Une salade et un café; le prix d'une heure de travail au SMIC.


Je me suis souvenu du prix de la salade en supermarché dans les années 90. C'est pourquoi dernièrement au magasin Attac où l'on me voit tous les vendredis soirs place Léon Blum (mes lectrices et lecteurs pourront bientôt me pister...) je me suis vu demander pourquoi je prenais la scarole en photo "Vous avez le prix cher Monsieur, 2 € 44, pour une salade !" (16 Frs !) et vous me demandez pourquoi je la prends la photo ? Mais c'est pour envoyer à nos amis chinois pardi !"

Il y a quelques années, si un commerçant m'avait proposé une salade pour 16 Frs, je l'aurais peut-être payée si vraiment j'avais eu un besoin urgent de salade (cas rare !) mais aussitôt réglée, le ticket en main j'aurais appelé la police...

En 2001, je me souviens d'une salade à 4 Frs grand maximum ( 0,60 € )... en sept ans la scarole a pris 4 fois son prix > 100 % d'augmentation.

Et nos salaires ont augmenté de 2% par an > 14%,
ça veut dire que notre travail ne vaut plus rien.

Une salade et un café = 5 € 34, le prix d'1 heure de travail au SMIC.


La semaine suivante, mercredi 10 décembre, invité à déjeûner pour par un compositeur et chef d'orchestre à "l'Orénoc", un restaurant d'un bel hôtel du nord-ouest parisien où l'on mange fort bien cher ami, porte Maillot, je le vois régler (merci !) le foie de veau qu'accompagnait un verre de Coteau de l'Aubance pour quelque 60 euros le midi ( 393 Francs, par personne ) !

Sorti du restaurant, je m'empresse par ce froid de canard, de rentrer pour rien dans un café où le Wi-fi ne sera de toute façon pas accessible parce qu'il y a une majorité de patrons qui oublient de désactiver le code secret avant de proposer (soi-disant gratuitement ! ) internet aux clients, et je demande un café au comptoir : (cliquer pour agrandir tandis que d'autres cliquent pour Agadir)

Je me souviens d'un temps qui me semble ancien, où je buvais un petit noir pour 3, 50 Frs (53 Cts d'Euro), nous sommes en 2008 et c'est 2 € 90 > 19 Frs.

En 10 ans le prix possible d'un café au comptoir est passé de 3 Frs 50 à 19 Frs > 130 % d'augmentation.

Alors, pour ceux qui ont la chance de connaître la rue du Chemin Vert à Paris entre Père-Lachaise et Voltaire, dépêchez-vous d'aller déguster le splendide café Lavazza au prix de 1 € au comptoir et 1,10 € à la table avec l'internet gratuit, c'est au Royal, et vu l'augmention des prix du loyer, profitons-en avant qu'un changement de propriétaire ne mette notre "Warnoc" à 2,90 € !

2 décembre 2008

Barroso montre par qui on est VRAIMENT dirigés



Faire passer le lien de ce podcast serait une oeuvre de salut public. Que chacun puisse se rendre compte par lui-même de quel bois est fait ce monsieur, ou quels vrais intérêts il sert.
Croyez-vous qu'il se serait ému du sort des économies réelles des nations (non moins réelles) qui composent "son" europe ? 

Il est fort ce Manuel : à l'un des journalistes de RTL qui s'étonnait du fait que la Commission Européenne s'occupe de "mettre des PV à des ambulances" au lieu d'aider à sauver les malades, Barroso a tranquillement répété la même argumentation, démontrant par là-même l'incapacité de la machine européenne (qu'il incarne à merveille) à s'adapter au monde qui change et à sortir de son dogmatisme dévastateur. Mais écouter la parole même vaut mieux que le discours désolé que je pourrais en faire.

27 novembre 2008

Connaissez-vous Marion K ?



Taxi
envoyé par kalekine91



Passons d'un sujet à l'autre en toute impunité.

J'ai bien Marion Koen, cette petiote française qu'on voit de temps en temps à la télé. D'ailleurs, j'ai toujours aimé les actrices françaises. Et si je la connaissais, vous seriez jaloux ; ou vous essayeriez de faire ma connaissance...

Je me dis qu'elle devrait habiter Paris, en bonne jeune comédienne qui a envie de tout déchirer. Je me le dis, histoire de la croiser au marché un de ces quat'. C'est comme chanteuse que je l'ai entendue d'abord, petit récital de compos personnelles, et solo de Saxo. Là je me suis dit :-"Il y a vraiment des "écoeurantes", comme on dit au Québec.

Je me dis qu'elle doit habiter un de ces petits appart' tout mignon ; un de ces sous-les-toits qui donnent envie de prendre le petit-déjeûner un matin en se demandant comment on a pu arriver jusqu'au 7 ° étage, et se réveiller chez une fille à croquer. Ou bien s'il est quatre heures, tremper sa madeleine dans le thé caramel en regardant la grisaille de zinc parisienne.

Mais je m'égare.

Si vous la voyez, dites-lui qu'elle a un admirateur !

8 novembre 2008

Une jeune Somalienne de 13 ans lapidée en public




Une jeune fille de 13 ans a été lapidée en public dans un stade de Kismayo en Somalie le 27 octobre 2008. Le silence du chœur des bien-pensants occidentaux qui s’est ensuivi est assourdissant. Et glaçant.

Le lien renvoie vers l'article Agoravox, à ne pas faire lire à toutes les âmes sensibles.

Il faut remarquer le sens aigu de l’auteur pour l’information, et le remercier. Son indignation est la nôtre, et quand je dis "nous", je veux parler des êtres humains. 

Comment même concevoir que des hommes, ayant été élevés et nourris par une femme, étant peut-être pères eux-mêmes, considérant donc les femmes comme un élément à part entière de l’humanité, puissent se prêter à la fonction de bourreau tel que décrit ici plus haut, c’est à dire les pires atroces conditions où notre existence sur terre peuvent plonger un être sensible... 

Cela nous dépasse sûrement, "nous", être humains, croyants ou non croyants, prosélytes ou non, parents ou non, engagés ou non. Cela me dépasse totalement et échappe à ma raison, comme tous les autres crimes de cette nature d’ailleurs. Pas les crimes passionnels ou de vengeance. Mais les crimes comme celui-ci: sur ordonnance. Avec toute l’organisation, l’énergie, la détermination qu’il a fallu pour que des gens se lèvent un matin et exécutent, de cette façon-là, avec des pierres sur le visage jusqu'à ce que mort s'ensuive, ajoutant l'ignoble à l'horrible, un être aussi sensible qu'eux, innocent de surcroît, ou coupable d’avoir été agressé une première fois, et avec lequel d’autres humains se sont comportés en véritables animaux. Que dis-je ? Plus bestiaux que les animaux eux-mêmes, malheureusement. 

C'est à cause d'actes de barbarie comme celui-là que l'humanité toute entière régresse.

5 novembre 2008

"Dis Monsieur Atlas, tu peux aussi traduire Bush en Justice STP ?..."








Il faudra définitivement saluer le courage de Barack Obama à la place duquel au fond, je n'aimerais pas me trouver. Tel Atlas, il semble porter le monde sur ses épaules.

Et le chantier qui l'attend n'est pas de tout repos.  C'est même le chantier de tous les dangers. Guerres, Finance exsangue, Education, Santé et qui sait- Peine de mort ?-

Cette attente gigantesque que les medias ont provoqué autour de sa personne risque fatalement d'amener des déceptions. D'ici 4 ans nombreux seront ceux qui diront "Et moi, et moi" ou en Afrique "Et nous, et nous...",  c'est pourquoi le discours messianique de certains Africains à son propos m'attriste par anticipation.

Cette attente est en même temps inévitable, non seulement parce qu'il propose une alternative réconciliante au lendemain de l'ère Bush, W&G, père et fils, non seulement parce que son programme social est infiniment plus ressemblant à celui en vigueur dans les démocraties évoluées de ce monde, mais aussi parce que, à son corps défendant, sa peau a une certaine couleur, un peu plus foncée que celle de son adversaire, le pâle Mc Cain. C'est l'aspect "racial" de cette élection, qu'on le veuille ou non. Pourtant, ce n'est pas parce qu'il a un père noir qu'il est obligatoirement moins excusable de se tromper, c'est-à-dire moins humain si l'erreur est humaine...
Même si il est vrai que B. Obama n'a pas été élu juste parce qu'il est noir, mais parce (ai-je l'impression) qu'il a une autorité intellectuelle indiscutable et semble avoir compris les enjeux économiques,écologiques, sociaux, stratégiques qu'affrontent son pays. (lire ses discours ici-même traduits plus bas)

Et justement, la communauté noire mondiale (si elle existe) aura à coeur d'observer ses faits et gestes, tant l'identification est grande, tant la personnalisation de la politique est grande dans l'esprit du quidam télévisé.

Faisons une supposition peu en phase avec l'esprit de fête qui règne en ce moment : 

Imaginons que la situation économique, les délocalisations, le chômage aux USA, progresse et de façon régulière durant son mandat, que le camp républicain, pressé de revenir aux affaires, savonne la planche de M. Obama au Moyen-Orient, que les Russes cherchent des noises aux bases militaires américaines situées en Europe, que la Chine s'amuse à menacer de reprendre ses 2 milliards de dollars/jour investis dans l'épargne depuis 10 ans, que sais-je, mais imaginons que les States se retrouvent dans un sale état d'ici 4 ans. Les plus racistes des américains viendront persifler "c'est la faute du Black" "ces gens-là nous amènent la poisse etc. etc." Et là ce sera terminé pour lui et pour l'espoir qu'il aura suscité. 

Situation rêvée d'un Barack Obama dirigeant l'Amérique, mais situation à double-tranchant.

Mais soyons OBtimistes : Obama ne peut pas faire pire que W Bush .  D'ailleurs est-ce possible ?
  • Être élu grâce au détournement de bulletins de vote en 2000 
  • Mentir à ses concitoyens pour les forcer à voter un budget militaire pharaonique
  • Envahir l'Irak contre tout respect des conventions internationales, 
  • Ouvrir une prison secrète en zone de non-droit, Abou-Grahib
  • En ouvrir une autre à Guantanamo
  • etc. etc. etc.


Bref, ce type mérite la cour Pénale Internationale de La Haye.

Alors bon vent Monsieur Barack, bon vent à nous tous, et au diable les dictateurs.

3 octobre 2008

La déconnection de son groupe humain


C'est le billet d'un citoyen que les comportements égoïstes, vils, incivils, insupportent.
Passant à Paris IX°, rue du Faubourg-Poissonnière, face à 20, par un jeudi après-midi 13 h 50, je constate qu'une belle Jeep 4X4 est garée sur les clous, sans personne à son bord, portes fermées, pas de clefs sur le contact, et moteur allumé, et je me dis "quel culot"...

Mais je restai stupéfait de retrouver cette voiture au même endroit 40 minutes plus tard toujours vrombisssante, toujours polluante, toujours gênante. Deux aubergines la verbalisent puisqu'elle est garée sur les clous, mais les essuie-glaces balaient le P.V avec mépris aussi sûrement que son propriétaire l'aurait fait, à n'en pas douter.

Je dis à n'en pas douter car, pour partir près d'une heure avec sa clé de contact (sur une Jeep, c'est possible) mais en laissant son moteur diesel allumé, portes fermées, il faut n'avoir que foutre des enfants et des chiens qui respirent les gaz depuis leur poussette pendant qu'on consomme, se ficher comme d'une guigne du prix du Gas-Oil, ni de l'inflation.

Interrogées par mes soins les Aubergines elles me disent que ce n'est aps un motif d everbalisation supplémentaire. Elles me conseillent d'appeler le commissariat. Elles n'avaient pas le numéro sur elles. Depuis mon portable, cela m'aurait coûté 1, 50 € euros au bas mot d'obtenir ce numéro, et rien ne me garantit de l'accueil que j'aurais eu au téléphone de la part d'un commissariat sûrement occupé à des affaires plus graves. Je n'ai donc pas appelé. Mais j'ai photographié sa plaque pour mon blog.

Mais ce malotru, ce social traître, ce pétomane par véhiculé interposé, cette personne fortunée qui vit déconnectée du groupe humain au sein duquel elle vit pourtant, aurait mérité qu'on lui dérobe ses clés sur le contact (si elles s'y étaient trouvées) pour qu'elle aille les récupérer à Convention, aux Objets-Trouvés, de l'autre côté de Paris.

Son geste ne signifie à mes yeux rien d'autre que : "J'ai du fric, j'ai une belle bagnole, je consomme autant que j'en ai envie, cela dût-il vous intoxiquer, et je vous emmerde". Cette mentalité là me fait détester la France. Imagine-t-on cela en Suède ?

Mais imaginons qui lui soit arrivé un problème, un accident, combien de temps la voiture va-t-elle tourner à vide jusqu'à épuisement du réservoir ? Imaginons que chacun en fasse autant. Au moins serions-nous tranquilles puisque le pétrole aurait déjà disparu et que les industriels se seraient déjà repliés sur les combustibles alternatifs.

Au fait connaissez-vous l'heureux propriétaire de ce véhicule "Jeep" "615 QGF 75", dites-lui de ma part tout ce que je pense de son attitude de porc et demandez-lui s'il accepterait que je vienne laisser ma voiture allumée sous ses fenêtres pendant qu'il fait du sport sur son vélo d'appartement.

22 septembre 2008

De Materrazzi à Alitalia, l'éclat de rire européen


L'italie tout entière est victime de ses termites élues, qui ont bien compris son fonctionnement, et la grignote peu à peu. Sa compagnie aérienne, Alitalia, est en passe de perdre définitivement sa licence de vol. Quelle excellente nouvelle !

Autrefois Alitalia comme Air France était une société nationale qui faisait l'orgueil des Italiens. Elle est aujourd'hui la risée du monde entier pour être recalée au rang de compagnie bananière.

Voyons quels ont été les "vols" successifs qui ont amené la situation d'aujourd'hui :

  • Les pilotes d’Alitalia représentent une caste dans la caste. Ainsi, ils sont encore 135 pour assurer le fonctionnement de 5 avions cargo, soit 27 par appareil pour effectuer les rotations, c’est-à-dire… 5 fois plus que dans les autres compagnies.
  • “la guerre des couchettes” : sur 17 avions destinés aux vols supérieurs à 11 heures, 4 n’étaient pas dotés de couchettes pour le repos des pilotes. Les syndicats monnayèrent cette absence par une prime de 1.800 euros par mois. Bonus qui fut élargi aux 350 pilotes des 17 long-courriers…
  • le député Luigi Martini avait besoin de faire 3 décollages et 3 atterrissages tous les 90 jours pour conserver sa licence. Alitalia le lui consentit… et lui paya un salaire par la même occasion.
  • Le Ministre de l’Intérieur du premier gouvernement Berlusconi, Claudio Scajola obtint la création d’une ligne Rome-Villanova D’Albenga, son collège électoral, qui se caractérise par le taux de remplissage le plus bas du continent européen !
  • 80 % du personnel navigant réside à Rome alors que la capitale ne totalise que 40 % du trafic.Résultat : les vols Rome-Milan du matin et Milan-Rome du soir sont monopolisés par les employés d’Alitalia qui partent travailler ou rentrent chez eux. Autant de sièges en moins pour la clientèle payante.
  • il existe une commission rétribuée de 8 personnes chargées de trouver un nom à chacun des avions de la compagnie. Un bureau de l’Alitalia avec 15 salariés fut maintenu pour rien durant 14 ans à Mexico alors qu’il n’y avait plus de vol pour le Mexique depuis 1985…
  • Déjà fameux pour avoir ruiné les chemins de fer transalpins, Giancarlo Cimoli s’alloua un salaire six fois supérieur à celui de ses pairs - présidents d’Air France ou de British Airways. Et lorsqu’il fut limogé et laissa la compagnie dans le chaos, c’est en douceur qu’il atterrit… grâce à un parachute doré de 6 millions d’euros.
  • Et pour y entrer comme hôtesse de l'air, il fallait aimer avoir les jambes en l'air , comme dit la chanson.

Alitalia est à l'image de toute la société italienne, et je peux d'autant mieux le dire que je suis marié à une italienne, que je connais l'Italie depuis bientôt 20 ans. On travaille en Italie comme on joue au football, on fait semblant de chuter, on incrimine l'autre, on ne s'associe qu'en se méfiant, on cherche une recommandation lorsqu'on est incompétent, on évite les tâches au lieu de les régler, on est deux à regarder l'autre travailler comme à l'Ambassade d'Italie en France, et à la fin, on ne marque de buts que parce qu'on a triché en insultant les adversaires au passage. Marco Materrazzi est l'Italien par excellence, il a des qualités, mais il n'en est pas convaincu, alors il se croit obligé de transformer son sport en pugilat : je n'en connais pas de plus représentatif.


8 septembre 2008

Le racisme n'a pas toujours le même visage selon le Parquet















(en photo Nourredine Rachedi, oublié des médias. Non juif, quoique sémite...)

S'il y a bien un principe qui me tient au corps, c'est l'égalité de traitement devant la Justice. Combien d'affaires concernant des noirs américains ont révolté les Français il y a quelques années pour leur flagrante inégalité ?

"Il y a de grandes chances" que l'agression dont ont été victimes samedi trois jeunes juifs, dans le XIXe arrondissement de Paris, ait un caractère antisémite, a affirmé dimanche le Directeur de cabinet du préfet de police de Paris.

Quelle "chance", en effet, de pouvoir attirer une fois de plus l'attention sur les déboires attribués à la judéité de ces trois malheureux garçons ! Une chance de plus peut-être pour une communauté en mal de reconnaissance dans son statut de victime ! Le lapsus du Proc est-il révélateur ? "Il y a des risques" eût été plus adéquat comme expression. Ira-t-il jusqu'à remercier les auteurs de l'agression de donner une nouvelle tribune à cette cause désespérée ?

Il faut savoir que les jeunes désoeuvrés du XIX° arr. sont aujourd'hui inculpés pour "tentative de meurtre et violence en réunion aggravées par leur caractère antisémite", et écroués préventivement. 

Donc, attention -semble dire le Parquet- à la confession de la personne que vous agressez, si elle est arabe et peut-être musulmane, vous aurez des ennuis bien sûr, mais si vous avez le malheur qu'elle soit ou juive ou qu'elle se réclame de cette communauté, là vous êtes cuits ! C'est ainsi que la Justice française paraît favoriser certains citoyens, et en cela le Pacte Républicain, laïque, vole en éclat, qui ne doit en rien observer la confession du justiciable. Voyons un peu.

Il fallait être un lecteur du web indépendant, tel Agoravox, pour apprendre l'affaire de Noureddine Rachedi, que des néos-nazis patentés ont défiguré, qui s'est vu infliger plaies au crâne, avec plusieurs hématomes sur le corps et le visage, plus un pneumothorax. Malgré ses efforts, seuls les critères de « violences volontaires avec incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours et commises en réunion » et avec « circonstance aggravante en relation avec l’appartenance supposée ou réelle à une religion », ont été retenus. (lire l'article édifiant ici en lien). Pas de "tentative de meurtre".

On aurait aimé que les deux néos-nazis aient été -comme les deux blackos du XIX° qui ont lancé des cailloux et frappé les trois jeunes juifs- mis eux aussi en examen pour "tentative de meurtre et violence en réunion aggravées par leur caractère antisémite", chefs d'accusation passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

Après ce que je viens d'écrire, vais-je moi-même subir les foudres d'une ambiance judeo-complaisante à l'extrême ? 
Par cette inégalité de traitement, la Justice ne fait qu'augmenter la violence qui s'exprime déjà trop, augmenter les frustrations qui font passer à l'acte les plus fragiles et violents, et ce n'est pas un service à rendre à la communauté juive. Elle devrait garder la tête froide mais l'affaire de Rudy H. puis celle-ci de nouveau démontrent qu'elle oublie sa mission de neutralité. 

2 septembre 2008

Palin, marionnette des Républicains


Qu'ils sont sympas et modernes ces Républicains américains du nord ! Ils choisissent une femme pour être la co-listière de leur candidat. Sarah Palin (à la une truquée de Vogue).

Et quel élan de féminisme ! et quelle jeunesse dans cette équipe de barbons ! Tout porte à croire que c'est un coup monté dont les services de la Maison-blanche ont le secret. Au lendemain de sa nomination sort la révélation qui fait mal : sa fille mineure est enceinte. 

Pour une représentante de la droite radicale, puritaine et conservatrice, activiste du "pro-life", tireuse d'élite, chasseuse d'ours, ça fait plutôt mal. On entend d'ici les quolibets : "17 ans enceinte ? Comment l'a-t-elle élevée ? Manquerait plus que le père soit noir ! Et elle voudrait nous diriger, préserver notre identité, notre race intacte ?"

Mon explication est la suivante, elle vaut ce qu'elle vaut : 

Le but étant de ne pas prendre la succession de l'administration Bush, qui gouvernerait mal avec un bilan très lourd et avec un Congrès et un Sénat démocrates hostiles, avec une situation à l'International qui ne redore pas le blason américain, que ce soit en Afghanistan ou en Georgie, en Irak ou en Amérique Latine, et de laisser Obama, qui a l'air de tellement vouloir y aller, s'y casser les dents et le camp démocrate avec lui. Les Clinton ne souhaitaient pas cela et jouaient, eux aussi, le coup pour 2012.

Car enfin lorsqu'on veut remporter une élection comme celle-là, on ne choisit pas une co-listière inexpérimentée, maire d'un village de l'Alaska, alors qu'on a tant décrié le soi-disant manque d'expérience du rival Obama ! ça frise le gag. Tout cela sent la balle dans le pied que se tiraient les soldats  tire-au-flanc qui ne voulaient pas aller au combat.

23 août 2008

Le Manifeste pour le décompte des médailles par ensembles équitables

Je remercie ici Laure-Anne Berrou (une de mes "amies" sur Facebook) qui a osé faire passer dans son journal de Soir 3, l'info que je lui suggérais de faire un décompte officieux des médailles engrangées par les pays de l'Union Européenne. 280 ! Je ne pouvais pas moins espérer d'une ancienne collaboratrice de Christine Ockrent qu'elle fût sensible à pareille occasion d emettre en valeur l'U.E, qui en a bien besoin !

En effet, nous sommes quelques uns à avoir remarqué l'énorme injustice du classement des médailles olympiques qui n'avantagent que ... les Etats-Unis. Les grands ensembles Etats-Unis, Chine, Russia et....les autres pays derrière Espagne, Angleterre, Allemagne, France etc... avec une performance remarquable de la part de l'Angleterre. Et c'est un picard qui le dit !
Il n'était pas très équitable de comparer des machines de guerre comme les U.S.A ou la Chine, tous pays composés de provinces ou d'Etats indépendants avec les nations européennes ?
à y mieux regarder, l'Europe en tant qu'Ensemble géo-politique raisonnablement comparé aux grandes puissances sus-citées apparaîtrait de façon légèrement... plus favorable. 

Voyons plutôt pour les jeux de Pékin 2008 :





http://www.chine-nouvelle.com/pekin2008/manifeste.html

http://www.lefigaro.fr/sport/2008/08/18/02001-20080818ARTFIG00302-geopolitique-des-medailles-olympiques-.php

21 août 2008

Série les Grandes Voix Françaises ep. 4 Manfrino

à ceux qui me trouveraient un peu macho dans mes choix, il y a une autre Nathalie qui sévit aujourd'hui sur scène avec un beau soprano lyrique servi pas une grande sensibilité dramatique.


12 août 2008

La voix de l'une sur la tête de l'autre








Le bruit s'est répandu aussi vite que le site chinois qui révélait l'affaire a été modifié. Le directeur musical du spectacle de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques l'a confié : Yang Peiyi chante très bien mais n'était pas assez belle. (Ce qui est mal venu d'aller vérifier, d'ailleurs moi je la trouve adorable)

Une pareille déclaration ne choque personne, tant les exactions commises ici et là en chine tous les jours sont bien pires que le fait de remplacer à la dernière minute une petite fille de 7 ans, Yang Peiyi. L'industrie du spectacle n'a que faire de considérations humaines et sensibles comme celles qui nous traversent, cher lecteur de mon blog.

Ses parents doivent bien entendu comprendre que c'est dans l'intérêt supérieur de la nation chinoise que leur fille ne fasse pas partie du spectacle (bonjour la dévalorisation) ; en bon chinois, ils ne trouveront rien à redire.

Mais personne ne parle du sentiment qu'a dû vivre l'enfant... personne...

Imaginez-vous avoir 7 ans, et vous préparer à entonner la Marseillaise pour les Jeux devant... le monde entier. Il faut déjà avoir les nerfs solides. 
Mais imaginez la déception lorsque, après une audition devant des messieurs encravatés qu'on ne connaît pas, et alors qu'on a bien chanté, que ça fait longtemps qu'on se prépare à cet événement qui enlumine votre existence d'enfant... on vienne vous dire que "non, finalement ce ne sera pas toi" mais une autre personne, très jolie qui mettra son visage sur ta voix. Hic !

Comme l'a dit Carlier en Direct sur France 2 ce mardi 12 août "un pays qui cache le visage des petites filles et qui emprisonne des moines, c'est con, et ça fait chier". Grand moment de vérité à la télévision.

Je souhaite une bonne vie à cette petite chanteuse qui, si tout se passe bien, viendra chanter Liu à l'Opéra de Paris dans quelques années, puisqu'elle est chinoise !

Source Nouvelobs et le blog Rightspundits

4 août 2008

Le discours de Barack OBAMA à Berlin en Français

Ce que Barack prononça devant les Berlinois en juillet dernier.






Merci à vous, les Berlinois, et à tous les citoyens allemands. Merci, Madame la chancelière Angela Merkel (…), pour votre accueil si chaleureux.
En venant à Berlin, je marche sur les traces de beaucoup de mes compatriotes. Ce soir, ce n'est pas le candidat à l'élection présidentielle qui s'adresse à vous, mais un citoyen fier d'être américain, un citoyen du monde.

Je sais, je ne ressemble guère à ceux qui ont pris la parole avant moi dans votre capitale. La route qui m'a mené jusqu'ici ne suit pas une ligne droite. Ma mère est née dans l'Amérique profonde, mais mon père a passé son enfance à garder des chèvres au Kenya. Son père, mon grand-père, était domestique au service des Anglais.
En pleine guerre froide, mon père décida, comme plusieurs de ses semblables aux confins du monde, que pour réaliser son ambition, son rêve, il avait besoin de la liberté et de l'égalité des chances que promettait l'Occident. Il a donc écrit sans relâche à toutes les universités américaines jusqu'à ce que quelqu'un, quelque part, entende sa prière pour une vie meilleure.
Voilà pourquoi je me retrouve ici aujourd'hui. Et vous qui êtes là avec moi, cette ambition, vous la connaissez aussi. Cette ville est bien placée, entre toutes, pour savoir ce que veut dire rêver de liberté. Vous le savez, si nous sommes ici ce soir, c'est que des hommes et des femmes de nos deux nations se sont unis pour travailler, pour se battre, pour se sacrifier en vue d'une vie meilleure.

Notre alliance a été scellée il y a exactement soixante ans cet été, le jour où le premier avion américain a atterri à l'aéroport de Tempelhof.
A cette époque, une grande partie du continent européen était encore sous les décombres. Et les ruines de cette ville allaient servir à élever un mur. Sur l'Europe de l'Est tombait la nuit soviétique, tandis qu'à l'ouest les Etats-Unis, l'Angleterre et la France constataient le désastre et cherchaient les moyens de reconstruire le monde.
Ce fut le point d'impact où les deux camps allaient se rencontrer. Le 24 juin 1948, les communistes imposèrent le blocus sur la partie ouest de la ville. Ils empêchèrent plus de deux millions d'Allemands d'être ravitaillés, pour essayer d'éteindre l'ultime étincelle de liberté à Berlin.

Face à la colossale puissance de l'armée soviétique, nos forces ne faisaient pas le poids. Pourtant, si nous avions battu en retraite, le communisme se serait répandu dans l'Europe entière. A peine achevée la dernière guerre mondiale, on était à deux doigts d'en voir commencer une nouvelle. Berlin était le dernier rempart.
C'est alors que fut mis en place le pont aérien, la plus grande et la plus improbable opération de sauvetage de l'Histoire, qui redonna nourriture et espoir aux habitants de cette ville.
Tout semblait contre nous. Cet hiver-là, l'épaisseur du brouillard assombrit le ciel, contraignant plusieurs avions à faire demi-tour sans avoir pu larguer leur ravitaillement. Ces avenues où nous sommes assemblés étaient alors remplies de familles affamées et sans logis.
Mais même aux heures les plus sombres, les Berlinois ont conservé vivante la flamme de l'espérance. Ils n'ont pas baissé les bras. Et enfin, par un beau jour d'automne, des centaines de milliers de Berlinois se sont réunis ici même, au Tiergarten, pour entendre l'appel de leur maire implorant le monde de ne pas abandonner la cause de la liberté. "Il n'y a qu'une seule possibilité, dit-il, c'est de rester unis jusqu'à la victoire… Peuples du monde, faites votre devoir… Peuples du monde, regardez vers Berlin!" Peuples du monde, regardez vers Berlin! Berlin, où Allemands et Américains ont appris à travailler main dans la main, à se faire confiance, trois ans à peine après s'être affrontés sur le champ de bataille.
Berlin, où le courage d'un peuple a rencontré la générosité du plan Marshall pour créer un "miracle allemand "; où la victoire sur la tyrannie a donné naissance à l'OTAN, la plus belle alliance jamais conçue pour la défense de notre sécurité commune.
Berlin, où les impacts de balles qui marquent encore les monuments et les colonnes de la Porte de Brandebourg sont autant de rappels à ne jamais oublier notre humanité commune.
Peuples du monde, regardez vers Berlin : là un mur est tombé, là un continent a pris forme, là l'histoire a prouvé qu'aucun défi n'était trop grand pour un monde enfin uni.
Soixante ans ont passé depuis ce pont aérien, et à nouveau on fait appel à nous. Une fois de plus, l'Histoire nous place à la croisée des chemins, face à de nouvelles promesses et face à de nouveaux périls. Lorsque vous, citoyens allemands, avez abattu ce mur qui divisait l'Est et l'Ouest, la liberté et la tyrannie, la peur et l'espérance, d'autres murs se sont effondrés dans le monde entier. De Kiev au Cap, on a fermé les camps de prisonniers et ouvert les portes à la démocratie. Les marchés aussi se sont ouverts, la diffusion de l'information et des technologies a renversé les barrières, laissant libre cours à l'esprit d'entreprise et à la prospérité. Si le XXe siècle nous a appris que nous partagions un destin commun, le XXIe montre que le monde est plus imbriqué que jamais.

La chute du mur de Berlin a ravivé l'espoir. Mais ces rapprochements ont aussi suscité de nouvelles menaces, qui ne peuvent être contenues dans les frontières d'un pays ni endiguées par la distance d'un océan.

C'est à Hambourg que les terroristes du 11-Septembre ont fomenté leur complot, c'est à Kandahar et à Karachi qu'ils se sont entraînés, avant de tuer des milliers de personnes venues de partout sur le sol américain.
Au moment même où je vous parle, des voitures à Boston et des usines à Pékin sont en train de faire fondre la banquise dans l'Arctique, de rogner le littoral atlantique et de provoquer la sécheresse des fermes du Kansas jusqu'au Kenya.
Des sites nucléaires insuffisamment protégés en ex-Union soviétique ou des secrets divulgués par un scientifique au Pakistan pourraient permettre la construction d'une bombe destinée à exploser à Paris. Les graines de pavot d'Afghanistan deviennent de l'héroïne à Berlin. La pauvreté et la violence en Somalie engendrent le terrorisme de demain. Le génocide au Darfour est une tache sur notre conscience à tous.

Dans ce monde nouveau, des courants dangereux se sont diffusés plus vite que nos capacités à les contenir. C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre d'être divisés. Aucune nation, aussi grande et puissante soit-elle, ne saurait relever seule de tels défis. Aucun d'entre nous ne peut nier la réalité de ces menaces, ni se soustraire à la responsabilité de leur faire face. Pourtant, depuis la disparition des chars soviétiques et de ce terrible mur, il serait facile de l'oublier. Et reconnaissons, en toute franchise, que parfois, des deux côtés de l'Atlantique, nous nous sommes éloignés et avons perdu de vue notre communauté de destin.

En Europe, l'opinion qui impute aux Etats-Unis une part de responsabilité dans les dérives de notre monde, au lieu d'y voir une force régulatrice, s'est banalisée. En Amérique, certaines voix se sont élevées pour dénigrer ou minimiser l'importance de l'Europe pour notre défense et notre avenir. L'un et l'autre bord méconnaissent la réalité : les Européens sont aujourd'hui investis de nouveaux fardeaux et assument davantage de responsabilités dans les régions en crise; et de même que les bases américaines construites au siècle précédent continuent de garantir la sécurité de ce continent, notre pays continue de se sacrifier sans compter pour la liberté du monde.

Certes, il y a eu des différends entre les Etats-Unis et l'Europe. Et il y en aura d'autres à l'avenir. Mais nous restons unis par les tâches qu'impose une citoyenneté mondiale. Un changement d'administration à Washington ne les supprimera pas. En ce début de siècle, Américains comme Européens devront redoubler d'efforts. Le partenariat et la coopération entre les nations ne relèvent pas d'un choix : c'est la seule option pour assurer notre sécurité et faire progresser notre humanité commune.

C'est pourquoi le pire risque serait de laisser de nouveaux murs nous diviser.
Aucun mur ne doit plus séparer les anciens alliés de part et d'autre de l'Atlantique. Aucun mur ne doit plus séparer les pays riches et les pays pauvres. Aucun mur ne doit plus séparer les races et les ethnies, les citoyens de souche et les immigrés, les chrétiens, les juifs et les musulmans. Voilà les murs qu'il faut aujourd'hui abattre.
Nous savons qu'il en est tombé par le passé. Après des siècles de luttes, les Européens ont construit une Union pleine de promesse et de prospérité. Ici même, au pied d'une colonne érigée en mémoire de la guerre, nous nous retrouvons au centre d'une Europe de paix. Les murs ne sont pas tombés qu'à Berlin, ils sont aussi tombés à Belfast, où protestants et catholiques ont trouvé le moyen de vivre ensemble ; dans les Balkans, où notre Alliance atlantique a mis fin aux conflits et a traduit en justice des criminels de guerre sanguinaires; en Afrique du Sud, où la lutte d'un peuple courageux a vaincu l'apartheid.
Les murs peuvent être abattus, l'Histoire nous le rappelle sans cesse. Même si ce n'est jamais facile. Le véritable partenariat et le véritable progrès demandent un travail constant et des sacrifices prolongés. Ils exigent un partage du fardeau du développement et de la diplomatie, du progrès et de la paix. Ils nécessitent des alliés qui sachent s'écouter mutuellement, qui apprennent les uns des autres et, surtout, qui se fassent confiance.
C'est pourquoi l'Amérique ne peut pas s'isoler. L'Europe ne peut pas s'isoler. Le temps est venu de lancer de nouveaux ponts à travers le monde, aussi solides que ceux qui nous ont liés de part et d'autre de l'Atlantique. Le temps est venu de nous unir, au moyen d'une coopération constante, d'institutions solides, de sacrifices partagés et d'un engagement universel pour le progrès, afin de répondre aux défis du XXIesiècle. C'est cet esprit-là qui a propulsé des avions dans le ciel au-dessus de nous, qui a rassemblé tant de gens là où nous sommes aujourd'hui. Le temps est venu pour nos nations, pour toutes les nations, de raviver cet esprit.
Le temps est venu de mettre un terme au terrorisme et d'assécher la source d'extrémisme qui l'alimente. Cette menace reste bien réelle, et nous ne pouvons pas nous soustraire à la responsabilité de la combattre. Si nous avons pu fonder l'OTAN pour vaincre l'Union soviétique, nous pouvons encore créer un partenariat nouveau et global pour démanteler les réseaux qui ont frappé à Madrid et à Amman, à Londres et à Bali, à Washington et à New York. Si nous avons pu remporter une bataille idéologique contre le communisme, nous pouvons soutenir la grande majorité des musulmans qui s'opposent à l'extrémisme porteur de haine plutôt que d'espérance.

Le temps est venu de raffermir notre résolution d'éradiquer les terroristes qui mettent en péril notre sécurité en Afghanistan, et les trafiquants qui vendent de la drogue dans nos rues. Personne n'est pour la guerre. Je reconnais que les difficultés en Afghanistan sont énormes. Mais mon pays et le vôtre ont tout intérêt à ce que la première mission de l'OTAN hors d'Europe réussisse. Pour les Afghans, et pour notre sécurité à tous, le travail doit être fait. Les Etats-Unis ne peuvent agir tout seuls. Les Afghans ont besoin de nos soldats et des vôtres, de notre soutien et du vôtre, pour en finir avec les talibans et Al-Qaida, pour développer leur économie et pour les aider à reconstruire leur pays. Trop d'intérêts sont en jeu pour que nous puissions faire marche arrière maintenant.

Le temps est venu de remettre à l'ordre du jour l'objectif d'un désarmement nucléaire mondial. Les deux superpuissances qui se mesuraient de part et d'autre du mur de Berlin ont trop souvent frôlé la destruction de tout ce que nous avons construit et de ce qui nous est cher. Maintenant que ce mur est tombé, nous ne pouvons pas rester les bras ballants à contempler une prolifération nucléaire mortifère. Il est temps de neutraliser tous les déchets nucléaires épars, d'enrayer le développement des armes atomiques et de réduire les arsenaux d'une autre époque. Il est temps de commencer à œuvrer pour la paix dans un monde sans armes nucléaires.

Le temps est venu pour chaque nation en Europe d'être maître de son propre destin, débarrassé des ombres du passé. Dans ce siècle, nous avons besoin d'une Union européenne forte, qui enracine la sécurité et la prospérité de ce continent, tout en gardant une main tendue vers l'extérieur. Dans ce siècle, dans cette ville même, rejetons les vieux réflexes de guerre froide, pour travailler avec la Russie chaque fois que nous le pouvons, défendre nos valeurs chaque fois que nous le devons, et établir une coopération qui s'étende à travers ce continent tout entier.
Le temps est venu de construire sur la richesse créée par l'ouverture des marchés, et de partager ses bénéfices plus équitablement. Le commerce a été la pierre angulaire de notre croissance et du développement mondial. Mais nous ne pourrons pas maintenir cette croissance si elle favorise seulement quelques privilégiés. Ensemble, nous devons inventer un commerce qui rémunère véritablement un travail producteur de richesse, assorti de réelles protections pour les hommes et pour notre planète. Le temps est venu d'un commerce libre et équitable pour tous.

Au Moyen-Orient aussi, le temps est venu d'une aube nouvelle. Mon pays doit s'unir au vôtre et à l'Europe tout entière pour adresser un message clair à l'Iran, qui doit renoncer à ses ambitions nucléaires. Nous devons soutenir les Libanais qui ont manifesté et versé leur sang pour la démocratie, ainsi que les Israéliens et les Palestiniens qui cherchent une paix solide et durable. Et malgré les divergences du passé, il est temps que le monde entier soutienne les millions d'Irakiens qui essaient de reconstruire leur existence, alors même que nous passons le relais au gouvernement irakien en mettant fin à cette guerre.

Le temps est venu de nous unir pour sauver la planète. Engageons-nous à laisser à nos enfants un monde où le niveau des océans, les famines et les tempêtes ne dévastent pas nos terres. Engageons-nous à ce que toutes les nations, y compris la mienne, agissent avec la même détermination dont a fait preuve votre pays, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Il est temps de rendre à nos enfants leur avenir. Il est temps de nous rassembler.
Et il est temps de rendre l'espoir aux oubliés de la mondialisation. Souvenons-nous que la guerre froide née dans cette ville n'était pas une lutte pour un territoire ou un butin. Il y a soixante ans, les avions qui survolaient Berlin n'ont pas lâché des bombes, mais de la nourriture, du charbon et des bonbons à des enfants reconnaissants. Et par ce geste de solidarité, ces pilotes ont remporté bien davantage qu'une victoire militaire. Ils ont gagné les cœurs et les esprits, l'amour, la loyauté et la confiance, non seulement des habitants de cette ville, mais de tous ceux qui ont appris ce qu'ils avaient fait ici.

Le monde entier nous regarde et se souviendra de ce que nous allons décider en ce lieu, en ce moment même. Allons-nous tendre la main aux oubliés de ce monde, qui aspirent à une vie de dignité, d'égalité, de sécurité et de justice ? Allons-nous libérer les enfants du Bangladesh de la pauvreté, abriter les refugiés du Tchad, venir à bout de l'épidémie de sida ? Allons-nous nous battre pour le respect des droits humains des dissidents de Birmanie, des blogueurs d'Iran ou des électeurs du Zimbabwe ? Allons-nous donner un sens à la formule Jamais plus ! au Darfour ? Allons-nous reconnaître qu'il n'est pas d'exemple plus convaincant que celui que nos nations donnent au monde ? Allons-nous rejeter la torture et prendre le parti de la loi ? Allons-nous accueillir les immigrants de différentes origines, nous opposer à la discrimination contre ceux qui ne nous ressemblent pas ou ne partagent pas notre religion, et honorer la promesse de l'égalité des chances pour tous ? Peuple de Berlin, peuples du monde, notre heure est venue.
Je sais que mon pays n'est pas parfait. Qu'il nous est arrivé d'avoir du mal à respecter notre promesse de liberté et d'égalité pour tous. Nous avons commis notre lot d'erreurs, et nos actions de par le monde n'ont pas toujours été à la hauteur de nos intentions les meilleures.
Mais je sais aussi combien j'aime les Etats-Unis. Je sais que pendant plus de deux siècles, nous nous sommes efforcés, au prix d'énormes sacrifices, de cimenter une union toujours plus parfaite, de chercher, avec d'autres nations, un monde toujours plus rempli d'espoir. Nous n'avons jamais été inféodés à une tribu ou à un royaume particulier ; de fait, toutes les langues sont parlées dans notre pays ; toutes les cultures ont laissé leur empreinte sur la nôtre, tous les points de vue s'expriment sur la place publique. Ce qui nous a toujours unis, ce qui a toujours animé notre peuple, ce qui a conduit mon père jusqu'aux rivages des Etats-Unis, c'est un ensemble d'idéaux qui répondent aux aspirations partagées par tous : nous pouvons vivre libérés de la peur et de la pauvreté, nous pouvons exprimer nos opinions, nous assembler avec qui nous voulons et pratiquer la religion de notre choix.

Voilà les aspirations qui ont uni les destins des nations dans cette ville. Ces aspirations sont plus fortes que tout ce qui pourrait nous séparer. C'est grâce à elles que le pont aérien a pu être mis en place. Grâce à elles que tous les hommes libres, partout dans le monde, sont devenus des Berlinois. C'est en poursuivant cet idéal qu'une nouvelle génération, notre génération, doit laisser son empreinte sur le monde.

Peuple de Berlin, peuples du monde, le défi qui nous attend est grand. La route sera longue. Mais je suis venu vous dire que nous sommes les héritiers de la lutte pour la liberté. L'espérance qui est la nôtre est utopique. Le regard tourné vers l'avenir, avec dans nos cœurs une détermination inébranlable, souvenons-nous de cette histoire, prenons notre destin en main, et reconstruisons le monde."

Traduit de l'anglais par Myriam Dennehy

3 juillet 2008

Génome humain : êtes-vous juif ?


Un bandeau adwords a attiré mon attention sur le blog de Olivier Bonnet : "Êtes-vous juif ?"


Qui donc a intérêt à promouvoir ce genre de recherche ? Où le prosélytisme communautariste d'appartenance (sous caution scientifique) peut rejoindre l'antisémitisme ! Hallucinant et dangereux...


Curieux j'ai cliqué, et ai été dirigé vers un site hébérgé en Suisse : IGENEA ; ça commence mal par un nom qui sonne comme "hygiène, hygienisme". Stupéfait, j'y apprends que pour 105 €, un simple test génétique salivaire pouvait déceler chez moi une origine juive, et même précisément ce que mes ancêtres avait de commun avec telle tribu, puis de me mettre en relation avec mes parents grâce à leur banque de données de plus de 240.000 personnes. (sic).



"Avez-vous des racines juives? Etes-vous un Ashkénaze?

Etes-vous un Levi ou un Cohen?" Ou encore : "Faites le test ! on ne sait jamais, si vous aviez des origines communes avec Jefferson !" dit le site aux braves patriotes américains. (voir la ligne génétique Y de Thomas Jefferson)


L'explication scientifique donnée est qu'il existe des "marqueurs" -le mot fait froid dans le dos- marqueurs génétiques communs aux juifs puisque la tradition veut que l'on soit juif d'une mére juive elle-même fille etc... Puisque la science nous apprend que tout le mondé hérite de l'ADN mitochondrial de sa mère, les juifs sont donc marqués. Bigre ! On possède à des degrès plus ou moins élevés un nombre de ces marqueurs regroupés au sein d'haplo-types génétiques* nichés dans le même chromosome.


Je suis naïf ou mal informé, mais j'ignorais qu'aujourd'hui nous avons les moyens techniques sur un simple prélèvement de salive, de dire si je suis juif ou si je ne le suis pas. Le site propose aussi de déterminer vos parentés communes avec les vikings, les ménnonites, les amérindiens etc.


On m'avait pourtant dit qu'il n'y avait pas de races, et que c'était une idéologie criminelle. Tiens, il est vrai qu'on n'a pas beaucoup entendu les scientifiques sur cette question nouvellement posée par les progrès relatifs au génome humain.


Une fois la stupéfaction première dissipée, des questions se posent : Une société privée peut-elle disposer d'une banque de données sur l'origine du sang, un catalogue aussi délicat qui va s'agrandir, et dont personne ne peut assurer de la bonne utilisation ? Que la base de données soit accessible aux membres pour quelques euros indique qu'elle doit l'être aussi pour tout groupuscule mal intentionné, ou tout fichage d'Etat. De plus, si je ne fais pas moi-même ce test mais que ma soeur l'a fait et l'a fait savoir, on pourra venir me dire que moi aussi je suis juif, à mon corps défendant !


Reste donc à savoir si derrière l'aspect scientifique d'une telle entreprise, des idéologues racistes ne se cachent pas ou ne profitent pas. Soit il est question de retrouver des juifs égarés, comme les Conversos espagnols qui se sont convertis au protestantisme au XVI° siècle et d'augmenter la diaspora juive mondiale, soit à l'inverse on peut se compter "entre celtes" et répertorier les ariens issus des familles blondes du nord de l'europe.


Bennet Greenspan le PDG nous rassure, il est bien conscient que l'humanité est un grand melting-pot. Il ajoute aussi que grâce à sa société, il est désormais possible de retrouver des "populations juives ashkénazes et sépharades dans des familles christianisées depuis des siècles qui ne se doutent pas de leur filiation" dit Greenspan. On comprend alors que tout sémite aura des gènes en commun avec des tribus juives, ou tout européen, et que peut-être, dès lors, la compréhension augmentera, ou la haine du juif s'estompera. Car, dès lors que j'en suis proche "génétiquement", comment continuer de haïr celui qui est mon semblable ? Mais est-il besoin pour cela d'un recours aux gènes ? Et ceux qui en seront "définitivement" exclus de filiation juive pourront se "rassurer" ? Beaucoup de questions troublantes se posent, et je suis sûr que l'imagination prendra le relais dans les commentaires.


L'application la plus surprenante est certainement l'avancée qu'elle représente pour les personnes adoptées qui peuvent retrouver leur nom de famille ou leur parenté éloignée. (article BBC)


Je ne suis pas assez philosophe pour savoir quelle restauration de l'originel ou quel immobilisme il y a derrière tout cela.

Même sans pratiquer aucun test, on peut avec bonheur imaginer avoir un gène en commun avec Jeanne d'Arc ou le Christ en personne tellement les migrations ont été diverses, les mariages inter-ethniques nombreux. Cette ignorance des filiations communes avec Léonard de Vinci ou Attila participe de l'idée, humaniste et saine, que tout homme est capable du meilleur comme du pire, quelle que soit sa filiation génétique. Qu'il n'y a pas de sauf-conduit génétique, ou d'a priori bienveillant en fonction de vos ancêtres. Il n'y a que la responsabilité de chacun devant sa conscience d'Homme, et devant la justice. Il n'y a que quelques fanatiques du droit divin pour croire à autre chose.


Ces tests peuvent à la fois entretenir et réactualiser de vieilles lunes plus ou moins dangereuses et tenaces mais aussi participer à cette sorte de "désenchantement du monde" dont parlaient Weber ou Gauchet



Avoir des racines juives, et alors ? Et si nous avions découvert que le monstre de Florence avait des racines juives ? Et si en 1930, on avait découvert des gènes commun entre Adolf Hitler et la tribu de Marie, mère du petit juif Jésus ? Que se serait-il passé ? Nul ne le sait. Mais iI aurait mieux valu peut-être ne pas le savoir, ou tout faire pour le cacher a posteriori … car certains grands paranoïaques auraient donné tout l'or de l'europe pour avoir un tel outil entre les mains.



* les haplogroupes représentent les diverses branches de l’ Homo sapiens et montrent l’origine et les migrations de nos ancêtres.


**Bennett Greenspan, PDG de Familly TreeDNA


29 juin 2008

Douce France, cher pays de fafs !

L'affaire du "jeune juif" sauvagement latté à coups de barre de fer en juin dans le XIX° arrondissement de Paris illustre à merveille la compassion du pouvoir exécutif et la réactivité épidermique d'une communauté médiatique, dès lors qu'un homme tombe à terre (quelle que soit sa confession ; non ?)


Le Maire de Paris, lui souhaite "que les conditions exactes dans lesquelles cette agression a été commise soient établies dans les meilleurs délais et que ses auteurs soient sanctionnés à la mesure de leurs agissements". Justement, puisqu'il faut être exact, nous allons l'y aider.

Et contre qui in fine se retourne cette précipitation à voler au secours des malandrins ? Nous l'allons voir.

Dans notre pays laïque, personne pour se demander comment ces jeunes là en sont arrivés là ? 
La question serait trop difficile à résoudre ou n'aurait pas de réponse. Il est plus commode d'invoquer l'anti-sémitisme pur.  D'ailleurs il faut dénoncer ce scandale : la communauté juive n'est pas assez représentée, trop discrète dans les médias par exemple, ou à la télévision qui pourrait faire un effort pour mettre en avant des présentateurs d'origine juive... ou bien je ne sais pas moi, au cinéma par exemple, que ce ne soit plus par accident qu'on lise un seul nom à consonance séfarade au générique d'un film, ou encore dans le monde des affaires, du commerce, des cabinets de consulting. Pourquoi tenir à l'écart toujours les mêmes persécutés ? La France ne peut-elle pas être un peu généreuse à l'égard de tous ceux qui ne sont pas des catholiques ? C'est un pays où les juifs sont persécutés, il faut le savoir, car nous sommes un pays de fachos, c'est très clair.

Il faut aussi être honnête avec toutes les parties de cette affaire et partir du principe qu' "un jeune juif s'est fait lynché (sic) avec une violence inouie (re sic) par une bande d'une quinzaine de voyous parce que JUIF" comme l'écrit un blogueur sur le site de France 24.  Tout le manichéisme est là  : juif d'un côté, voyous de l'autre. Or, ce n'est pas si simple.

Immédiatement après les faits et au terme, de toute une journée de rixes "inter-communautaires" (c-à-d entre jeunes désoeuvrés)  selon la police, il a fallu que Mme Michelle Alliot-Marie, Ministre Français de l'Intérieur, témoigne toute sa "profonde émotion" à la victime. Mais au fait, qui est cette victime ? Un éphèbe, versé dans l'études des Lettres qui ne faisait que cheminer, devisant sur le sort des hommes et de leur folie meurtrière, cueillant des simples sur le chemin de la synagogue où il se rendait alors ? 

Selon l'agence Reuters et France Info , le profil est légèrement différent :  l'adolescent avait été arrêté en décembre 2007 en marge d'affrontements à Bercy. Il est poursuivi pour "violences avec armes par destination" et se trouve actuellement sous contrôle judiciaire. C'est sûrement qu'il n'avait rien à voir avec les casseurs armés du quartier... On imagine donc bien "l'émotion" que ressent le Ministre de la Police à l'égard de ce jeune homme.

M. Delanöe donc, assure «la jeune victime ainsi que ses proches de sa plus grande solidarité».  Ces deux édiles de la République n'ont pas dû manquer d'aller lui faire porter des fleurs (je l'espère en tout cas, un tel oubli serait mal venu). Quel honneur réservée à la victime de ce combat de rue, le sommet de l'Etat en la personne du Président de la République qui a mentionné sa mésaventure devant la Knesset !

A présent voilà mieux. RTL donne une exclu, le témoignage du patron de bistrot du quartier qui a tout vu (à moins qu'il ne ne soit lui aussi anti-sémite). Ce qu'il dit bat en brèche les inepties que l'on a racontées le soir de l'agression :  Selon lui non seulement "le jeune juif n'allait pas à la synagogue", mais il désigne clairement son groupe comme étant membre d'un commando punitif. Qui sont les victimes et qui sont les agresseurs ?

video

Je n'aimerais pas être à la place de ceux qui l'ont tabassé, ou qui ont été témoins. Car de simples délinquants ils vont devenir anti-sémites, et leur témoins des complices, vu la pression qui il y a autour de cette affaire, on s'achemine vers une justice partiale ou sous influence. Il ne manquerait plus qu'il soit homo !

(C'est un détail qui a son importance car à l'occasion de la Gay-Pride, on a appris de source associative (c-à-d subventionnée par la Mairie de Paris) que 30 % des cas de suicides de jeunes gens l'étaient chez les homosexuels. Et il ne fait aucun doute que cela est dû à l'homophobie régnante. Car il faut être suicidaire dans ce pays de fafs pour se promener le soir de la Fête de la Musique avec sa kippa, si en plus on est homo, et surtout dans un quartier comme le XIX° arr. de Paris.) 

Quel pays de fachos, vraiment !...

Et si les agresseurs avaient été 6 vieux rabbins ? (demande Arthur sur le site du Figaro) et la victime un jeune arabe connu des services de police ? - Pas un mot, makach, bezef, nada !


Et là se dessine tout le tableau d'une France multiraciale qui se déchire. Car à force de voir les uns (les juifs en l'occurence fussent-ils délinquants comme le trop fameux Rudy) traités par les médias  -et pire !- par les représentants élus avec quasiment tous les honneurs, et les autres (les arabes et les noirs) avec toujours le même mépris, on finira par renforcer -s'il n'est déjà virulent- l'anti-judaïsme arabe, que Edgard Morin avait le courage de dénoncer à la Une fameuse du "Monde" du 19 février 2004.

Lire l'article Agoravox de ce facho d'Olivier Bonnet. 


24 juin 2008

Grandes Voix Françaises Ep. 2 - Ludovic Tézier-

Ce chanteur hors-concours est à entendre, ou à découvrir... (il n'est jamais trop tard pour bien faire) au Théâtre des Champs Elysées en juin 2008 dans le Ford de Falstaff de Verdi.


Ici c'est dans un autre Verdi, le Bal Masqué, qu'il officiait en 2007. Pour celles et ceux qui ignoreraient ce qu'est un "baryton verdi", écoutez ; les autres, regardez.




14 juin 2008

Encore NON


Tout le monde a remarqué qu'un troisième referendum sur les institutions européennes a accusé une fin de non-recevoir en Irlande après la France et les Pays-Bas.
Et tout le monde se demande de quelle façon revoir la copie des traités qui, à un moment de la vie démocratique, se voient refusés par tel peuple d'Europe qui "bloque tous les autres", qui "empêche le projet européen de tourner rond". Mais alors il ne faut pas donner la possibilité de s'exprimer aux peuples. Ces cons de peuples qui votent (comme l'a dit dès le résultat un commentateur de France 3) "par incompréhension"...

La palme du respect va encore une fois Mesdames et Messieurs à ... Valéry Giscard d'Estaing ! "Les Irlandais ne représentent que 0,3% des peuples d'Europe, on en va pas les laisser bloquer les 400 millions d'autres citoyens européens...". En fait 3 pays consultés sur 4 ont voté "Non"...

Qu'ils ne comprennent pas le détail juridique de ces éléphants du droit, certes. Mais le projet de société, ils le connaissent, l'éprouvent au jour le jour, souffrent des aspects les plus rudes, et ne voient plus le sens de l'élargissement. C'est respectable cela...

On ne se demande jamais si le projet est bon ou pas. Des milliers de fonctionnaires font avancer ou pérennisent coûte que coûte europe-là, dont ils ont eux-mêmes imaginé les traits.
Ils oublient de dire aussi que selon les règles qu'ils ont eux-mêmes instituées, un refus Chypriote ou Irlandais, quelle que ce soit la taille du pays consulté, peut invalider le projet des 26 autres membres.

Cette disposition a été instituée par ceux-là mêmes qui critiquent le cours de l'histoire...

C'est cette arrogance, dont nous avons souffert, nous autres Français déficients mentaux qui n'avions pas "compris" non plus les termes du Traité Constitutionnel, qui perdra l'idée européenne.

J'en suis venu à penser que ce projet basé sur la partage de l'acier et du charbon entre l'Allemagne et la France au sortir de la seconde guerre mondiale, est comme un traitement contre un cancer qui ne soignerait pas et qui même rendrait malade.

En temps normal, n'importe quel médecin changerait de traitement ou arrêterait le traitement si les effets se révélaient aussi catastrophiques. Mais là, non. Les "médecins" qui nous dirigent et qui n'ont en tête que nous prémunir de la haine entre les peuples, continuent de nous administrer des remèdes d'apprentis-sorciers, dont les malades que nous sommes ne veulent pas. (je dis "malades" car des européens au chômage sont des sortes de malades).

Revenons donc à l'ancien système. Des Pays souverains avace leurs monnaies qui participent ensemble et le plus pacifiquement possible aux projets qui leur plaisent selon leurs affinités historiques ou politiques du moment.

On sera moins protégés des fluctuations monétaires et alors ? On n'est pas tous rentiers !
On sera maîtres chez nous. Et c'est sûrement ce dont souffrent le plus les européens d'aujourd'hui, n'en déplaise à Messieurs les gardiens du temple, ce déficit de puissance, de souveraineté, et de lattitude à agir indépendamment.

Ou alors il faudrait imposer les rapprochements, les traités, sans faire semblant de construire une europe démocratique.

8 juin 2008

Une vidéo qui arrache des larmes aux papas....

On trouve rarement des merveilles sur Dailymotion

En voilà une qui se passe de commentaires

5 juin 2008

Rire un peu

Dans la série de doublages amusants, en voici un ...sonore.

Sex City and Cassoulet
Vidéo envoyée par AgoraBrisefer

19 mai 2008

Série Les Grandes Voix Françaises Ep. 1 Gabriel Bacquier

Ce monsieur a chanté sur cette scène du "Met" 20 années de suite.

Qui peut en dire autant ?

C'était l'époque où la France, les Français, avaient quand même la cote...
Inusable Bacquier qui va sortir un disque des chansons de Pierre Louki à l'automne 2008 ! 
La Star'Ac n'a qu'à bien se tenir.

Ici la sublime et inégalée mise-en-scène de Giorgio Strehler
des Noces de Figaro en 1980 à l'Opéra Garnier
avec l'inégalée Comtesse de Gundula Janowitz et le Comte Almaviva de Gabriel Bacquier



16 mai 2008

Série les Nouvelles Voix Françaises. Ep. 1 : Cyril Rovery

Dans la série les grandes voix françaises, la découverte de la semaine est un baryton. 


- Tiens, pourquoi on ne l'a jamais vu à la télé ? dit ma concierge. 
-Mais vous regardez l'opéra à la télé ?
- Non dit-elle. 
-Alors c'est pour ça !


11 mai 2008

L'Etrange silence de la gauche à propos du Tibet


J'ai toujours été surpris de ne point entendre les voix de gauche se réclamant du Progrès, de la Laïcité, des Droits de l'Homme, à propos de l'attitude historique de la Chine au Tibet. Il faut pour le comprendre lire entre les lignes du compte-rendu du Conseil de Paris du 24 avril dernier.

Bertrand Delanöe soumettait au vote du Conseil la distinction qu'allait recevoir le Dalaï-Lama, Le groupe M.R.C (Mouvement Républicain et Citoyen, chevènementiste) donnait l'explication de son choix de ne pas faire du chef du gouvernement tibétain en exil un citoyen d'honneur de la ville de Paris. *

Et c'est son droit. Mais quels que soient les sentiments qu'on porte à la communauté tibétaine, un courant de pensée sérieux comme le M.R.C, qui a développé au cours de ces années de scission avec le P.S un argumentaire républicain digne d'intérêt, un parti moderne et démocratique n'a pas le droit de reprendre à bon compte l'argumentaire de propagande anti-tibétaine des dirigeants Chinois. Et pourtant, le texte ci-dessous consultable tire sur une ambulance. En outre, il faut avoir à l'esprit que l'éventuel boycott des jeux olympiques est d'abord une menace pour le peuple tibétain, ou ce qu'il en reste.

Le Dalaï-Lama est une personnalité qui incarne aux yeux de beaucoup de gens dans le monde la culture tibétaine, à laquelle se raccroche un peuple qui a tout perdu. Dans son réquisitoire, le M.R.C a cru bon accuser le Dalaï-Lama d'avoir "une personnalité complexe" et d'adopter une position contradictoire. Il serait opposé à l'indépendance du Tibet mais se présenterait comme son interlocuteur face à la Chine... À personnalité complexe raisonnement simpliste. Mais qu'est-ce à dire ? Il faudrait en plus que Tibet n'ait aucun interlocuteur représentant ses réfugiés politiques, et traite avec le Dalaï-lama chinois qu'elle a nommé à Lhassa comme fantoche ?

Les dirigeants Tibétains en exil ont tous compris que la force armée chinoise avait gagné sur l'indépendance de leur région malgré les déclarations d'autonomie de 1912, celle de Mao en 1949, puis des pourparlers de 2002 jamais respectés ; ils préfèrent adopter une position épargnant des souffrances à leur peuple. Le gouvernement tibétain en exil joue un rôle diplomatique et pacifique, est-ce là la complexité qui gêne le M.R.C ? Etrange pour un mouvement qui a toujours prôné dans les régions du Golfe, par exemple, les voies politiques.

Dans des précautions oratoires soi-disant laïques, ce groupe d'élus de la Mairie de Paris se fend d'un rappel à l'Etat théocratique que représente pour lui le Tibet. À ce propos, comment ignorer que le bouddhisme mahayana est une sagesse a-théiste où l'accent est mis sur le respect de toute vie, sur le partage égalitaire des richesses et non leur accumulation ? Comment oublier que la réforme sociale avait commencée dès 1925 avec le treizième Dalaï-Lama (et tous les Rinpoche) poursuivi par l'actuel Dalaï par des réformes fiscales et foncières... D'ailleurs, de la "théocratie tibétaine" dénoncée, il ne reste que des cendres, tant l'invasion chinoise qui a modifié la région du Tibet a été irrespectueuse, violente et irrémédiable.

C'est très curieux, mais je ne sens pas les partis de gauche très prompts à critiquer ouvertement les atrocités que les dirigeants chinois ont commis là-bas depuis un demi-siècle au travers un véritable génocide culturel naguère, suivi aujourd'hui d'un désastre écologique.

Aux récentes violences meurtrières de Lhassa, s'ajoutent 1 million 200 000 personnes qui ont trouvé la mort depuis 1951, fusillées, affamées, noyées, enterrées vives aux yeux de tous, où des moines ne renièrent leur existence que sous la torture, où des femmes tibétaines furent soit engrossées soit avortées de force, où des enfants furent obligés d'abattre leurs parents, et aujourd'hui encore tenus en infériorité économique dans le silence assourdissant de la communauté internationale. "Calomnies, mensonges" dirait un vrai chinois. Et combien de réfugiés sont soignés pour de graves syndromes post-traumatique en Inde ? Combien de bibliothèques monastiques -une richesse digne d'Alexandrie- ont-elles brûlé au Tibet ? 6000. **

Voilà bien ce qui devrait retenir l'attention de certains de nos militants et militantes les plus attachés aux combats de toutes les femmes de ce monde et aux valeurs humanistes, dont la laïcité, invoquée à tout bout-de-champ !

Quant au couplet sur les "dogmes imposés", sur la "liberté de penser, le libre examen, la liberté d'expression", préoccupations omniprésentes dans la sagesse bouddhiste, cela frise le ridicule. Pourquoi ne pas ajouter que le Tibet a été "libéré" en 1959 pour singer parfaitement la rhétorique chinoise ? Ce serait plus complet… Une organisation politique comme le M.R.C devrait se renseigner avant de dresser des procès à la légère, c'est insultant pour la mémoire des victimes et de leurs enfants en exil. Le spectre de l'inquisition chrétienne et de l'islamisme radical a dû lourdement frapper les imaginations pour ainsi rejeter en bloc toute religion, sans même prendre la peine d'en connaître ses fondements. Je trouve stupéfiant qu'un courant proche de Régis Debray se répande en arguments à l'emporte-pièces concernant le représentant d'une authentique philosophie bimillénaire, patrimoine de l'humanité au même titre que la civilisation égyptienne ou hébraïque.

Bertrand Delanoë a voulu honorer l'Homme de Paix à travers Tension Gyatso, dont la cohérence et la constance pacifique devrait être sensible à des partis de progrès, et non pas distinguer seulement le dignitaire religieux. Je félicite le Maire de Paris en ces temps de veulerie gouvernementale.
Je vois d'abord en le Dalaï-Lama un exemple de résistance par la pensée en plus d'un responsable exemplaire. En tant que citoyen Français de gauche, je n'aurai ni la mémoire ni la laïcité sélective : je serai toujours plus attentif aux opprimés qu'à leurs oppresseurs.

Il y a des militants du MRC qui ont de la sympathie pour la cause tibétaine, et depuis de nombreuses années, qui ne sont ni des idolâtres du Dalaï-Lama, ni des dupes de la gesticulation des officines pro-américaines. La teneur de cette explication de vote, sous-produit inspiré de la récente icône chinoise Jean-Luc Mélenchon, ignorant profond de l'histoire du Tibet, m'a fait entrevoir la limite de la communauté de pensée que je partage avec le M.R.C.

Je crains que de mouvement Laïque et Républicain celui-ci ne devienne un fatras gauchiste et laïcard.

"...Nous comprenons l'intention du Maire de Paris... Simplement nous ne participerons pas au vote", dit en conclusion le texte du M.R.C.

Cette position balancée et aussi celle des électeurs de gauche : ils comprennent les options du M.R.C, mais ils ne votent pas pour lui.

**lire Le Moine et le Philosophe de Jean-François Revel et Mathieu Ricard

* " Conseil de Paris, séance du lundi 21 avril 2008. Explication de vote relative au vœu de l'Exécutif visant à nommer le Dalaï Lama Citoyen d'Honneur de la Ville de Paris Groupe MRC
Monsieur le Maire, Je voudrais exprimer ici la position du groupe Mouvement Républicain et Citoyen. A travers cette proposition de vœu, vous voulez, nous le comprenons, manifester l'attachement de notre Ville à la défense des droits de l'Homme partout dans le Monde, comme l'affirme l'affiche qui a été placardée au fronton de l'Hôtel de Ville. Partout dans le Monde, même s'il n'a échappé à personne que la tenue cet été des Jeux Olympiques à Beijing a focalisé notre attention sur la Chine. Le choix du Dalaï Lama ici proposé nous pose problème. Au-delà des questions que nous pose la personnalité complexe de ce haut responsable du bouddhisme tibétain, opposé à l'indépendance du Tibet mais se présentant comme le représentant celui-ci pour Beijing, il ne nous a jamais semblé pertinent qu'un dignitaire religieux puisse être adoubé comme le porte-parole de la puissance publique. Nous sommes attachés à la laïcité, foncièrement. Nous refusons les dogmes imposés. Si le Dalaï Lama apparaît comme un homme de paix, il n'est pas évident qu'il soit indemne de toute déclaration rétrograde. Or, le Dalaï Lama se présente de fait comme le chef d'un Etat théocratique fût-ce par l'intermédiaire d'un gouvernement en exil. Jamais un Etat théocratique n'a été et ne pourra être le garant d'une société progressiste, où règnent la liberté de penser, le libre examen, la liberté d'expression d'une société démocratique. Se battre pour la défense des droits de l'Homme et du Citoyen, en Chine comme ailleurs, ne peut se faire, à notre avis, derrière un symbole religieux. Honorer une personnalité religieuse est possible ; la laïcité est de faire qu'on ne le fasse pas essentiellement parce qu'il est religieux. Pour répondre à Jean-Pierre Caffet, je dirais qu'on peut honorer l'instituteur parce qu'il est résistant, pas parce qu'il est instituteur, ou le curé parce qu'il est résistant, non parce qu'il est curé. C'est cela la laïcité. En conscience, il ne nous sera pas possible de faire du Dalaï Lama le citoyen d'honneur de notre Ville. Mais, comme nous comprenons l'intention du Maire de Paris, de prolonger par ce geste ce que nous avons déjà dit ensemble, que notre Ville défende partout les droits de l'Homme, nous ne voterons pas contre. Simplement, nous ne participerons pas au vote. Je vous remercie. "

24 avril 2008

Le Mot d'Eva


Au soir de l'intervention présidentielle télévisée, je rapporte une citation trouvée sur le blog de Solon. Ce que dit la Juge Eva Joly se passe de commentaire :


"Je ne comprends pas un pays qui responsabilise ses enfants et ses fous, et irresponsabilise ses élites, et cela me paraît une grave erreur et surtout une absence de compréhension de ce que veut dire la criminalité organisée et économiqueEva Joly, 4 septembre 2007

18 avril 2008

D'où vient la propagande anti-française ?

Où est passée l'intelligence confucéenne ? Les Chinois ne comprennent-ils pas qu'ils n'ont rien à gagner à montrer un visage hostile au reste du monde, et en particulier vis-à-vis d'une communauté réputée pour son pacifisme et sa gentillesse comme les bouddhistes tibétains ?

Les appels au boycott se propagent à grande vitesse en Chine au travers un simple e-mail que les internautes chinois transfèrent en boucle à leurs listes de diffusion. Une chasse à l’homme a même été lancée, en ligne, contre l’un des agresseurs de la martyre Jin Jing, l’atlète chinoise handicapée, devenue la Sainte Blandine du staff olympique chinois dans les medias chinois (vidéo des premières actualités officielles du relais de la flamme de Paris,non-censurée). Luying Song, une jeune Chinoise installée Paris depuis trois ans, recevait à son tour cet e-mail, en mandarin, envoyé par un ami pékinois.

Voici la traduction de son contenu:

«Message à diffuser à tous vos contacts. Voici ce qui s'est réellement passé pendant le passage de la flamme olympique, ce que les Français ont fait quand les Chinois ont accompagné la flamme un symbole de paix et d'amitié, sur leur territoire.

  • 1-Avant le relais, une chaîne de télévision française a demandé aux gens d'aller protester dans la rue pour que les drapeaux chinois ne flottent pas dans Paris
  • 2-La flamme a été éteinte à 4 reprises face aux interruptions des séparatistes tibétains.
  • 3-La police française en charge de la sécurité a regardé, impassible, les séparatistes s'emparer de la flamme jusqu'à faire tomber une pauvre porteuse de flamme handicapée.
  • 4-Sur le parcours de la flamme, des centaines de Français ont déployé des drapeaux du Tibet et crié «Honte à la Chine» pour protester contre notre nation.
  • 5-Des groupes de jeunes français s'en sont même pris à des étudiants chinois qui brandissaient des drapeaux de notre pays.
  • 6-Quand la flamme olympique est passée devant l'Hôtel de Ville de Paris, des manifestants ont fait annuler la cérémonie d'accueil.
  • 7-Au lendemain du relais, les principaux journaux français ont diffusé des Unes violentes à notre égard, et parlé de fiasco.»

On croit rêver devant des procès staliniens comme ça. 
Il est quasiment inutile de démontrer point par point que cela est une distorsion flagrante de la réalité des événements.

Nous, Français avons pu observer l'attitude réelle des forces de l'ordre. La description de l'attitude policière française est ici proprement délirante : "impassible" (!) alors que celle-ci fait actuellement l'objet d'une enquête administrative, et d'une procédure devant la justice de la part d'un journaliste de France Télévisions, tabassé par un policier français dans l'exercice de ses fonctions.


Au contraire ami lecteur chinois francophone, je ne me souviens pas que la Police a été si violente lors d'une manifestation de soutien démocratique. nous avons vécu cela comme quelque chose de nouveau et de terrible. Les images de mai 68 en sont presque moins violentes. A l'époque, les policiers hésitaient à monter à cinq sur un gamin pour le menoter.

Mais je comprends le pauvre étudiant chinois : pour le citoyen chinois, un manifestant qui ne se fait pas tirer une balle en pleine tête est un homme libre.

Alors franchement, est-ce que c'est l'Ambassade de Chine en France qui fait la loi, de la même façon que certains sbires de l'Armée Populaire vêtus de bleu et de blanc ont voulu faire la loi au nez des policiers français ?

Et le triste Mélenchon se fait aussitôt élire "prochain président Français" par les internautes chinois. S'ensuit la réaction fanatique des chinois branchés sur internet : appeler au boycott de "Carrefour" ; alors qu'y sont vendus 80% de produits fabriqués en Chine. Ils se tirent une balle dans le pied...

Ah, ils ne sont pas contents. Ils se sentent blessés dans leur orgueil national. Pour eux, les flics auraient dû y aller à la sauce chinoise, étriper, mitrailler les manifestants qui osaient crier "Liberté" par exemple en plus d'arracher les drapeaux (tibétains) à leurs propriétaires.

Non tout ce qui s'est passé à Paris n'est pas assez pour les dirigeants chinois. Ils vont bientôt nous faire croire que David Douillet a mis une beigne au gorille chinois qui est venu lui-même éteindre la flamme...

Tout ce que les chinois gagnent à ce jeu autoritaire sont des réactions comme les suivantes :

"Ah ils ne sont pas contents ? Il y a 500 "boutiques" chinoises dans le XI° arr de Paris. Ils n'ont qu'à venir rapatrier eux-mêmes et à leurs frais les 500 000 clandestins qui font travailler des enfants dans les caves de Paris et bloquent toute la ville avec leur camion moteur allumé !"

L'ironie de l'histoire est que la teue des Jeux Olmpiques (le C.I.O grâce à son choix libre, n'est-ce pas ?) vient raviver un nationalisme chinois que je pressens comme extrêmement dangereux.

Entendu dans un café du XI° arrondissement : "Bientôt, il faudra les consulter pour savoir si on peut baiser nos femmes !!!"



Liens connexes : http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080420/tts-chine-jo-indignation-ca02f96.html

15 avril 2008

Pour le boycott de la cérémonie d'ouverture des J.O



Oui et bien moi, je ne suis pas un ami de la Chine. Et je ne partage pas tous les arguments de Mélenchon, très faible sur l'histoire du Tibet.

D'abord on peut être contre les J.O, ça n'est pas interdit de penser que les agents de l'O.M.C que sont les membres du C.I.O ne sont pas les mieux placés pour organiser les J.O. Pourquoi ne pas imaginer des J.O de développement en Afrique ou au Venezuela par exemple ? Tiens comme c'est bizarre, ce n'est pas à l'ordre du jour...

Ensuite, on peut être contre le régime Chinois en ce qu'il est anti social. Je ne vois pas de "Communisme" en Chine, hélas ! Pas de syndicats, et pas de Contrat de travail, des déplacements d'ouvriers frocés, pire, des laogaïs où les prisonniers politiques et autres fournissent un second marché du travail gratis ! On y torture des maris pour extirper des aveux quant à leur femme enceinte du deuxième enfant, obligée de se cacher pour ne pas se faire avorter (ref. Le Monde 1° février 2001 ).

Pas de "communisme" donc, ou sa plus obscure face, commune à tous les régimes durs.

Je n'y vois qu'un régime totalitaire, militaire, éternellement préoccupé de son intégrité nationale. Curieux que ça plaise à M. Mélenchon ça, le nationalisme (ou alors la Chine a le droit d'exalter sa nation, mais la France évidemment non ... ).

Et on parle des Droits de l'Homme ? Mais M. Mélenchon, vous prenez les défenseurs de la liberté au Tibet pour des cons ou des décérébrés new-age ?

Il faudrait commencer par se garantir du développement des droits sociaux les plus élémentaires avant d'y organiser les J.O. J'espère que les partis français de gauche dignes de ce nom auront la bonne idée demander solennelement au Président de la République de ne pas se rendre à la cérémonie d'ouverture.


Un historien de l'EPHE faisait une rectification de bon aloi à un commentaire sur Agoravox, je le répercute ici :

> "Donc le Tibet était une partie de la Chine depuis le XIV° siècle ? N’auriez vous jamais entendu parler de l’Empire Mongol !! Les Gengis Khan, Ogodan, Mongé Khan, KubilaÏ et autres, ça ne vous dit vraiment rien ? Ils ont tant et tant raflé de pays dans toute l’Eurasie, avant d’être à l’origine de la dynastie Yuan sur le sol chinois, qui elle même fut dépossédée de son pouvoir par la dynastie Ming qui rendit à la Chine son pouvoir et ses territoires d’antan. Je vous épargne les dates, je sens que cela ferait un peu trop. Mais s’il fallait maintenant dire que tous les territoires conquis par les mongols du XIIIème siècle sont une partie de la Chine actuelle, au simple motif que la dynastie qui lui a permis de retrouver son autonomie au XIVème siècle était elle même en partie descendante de ces mêmes mongols, alors allons y franchement: incluons à la Chine les actuels Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, l’Arabie, la Syrie, Turquie, Hongrie, Bulgarie, etc etc, la liste serait longue ! Un conseil: allez faire un tour du coté des ouvrages de Georges Duby, vous verrez ce n’est pas fatiguant, il y a plein de cartes en couleurs. D’ailleurs pour le Tibet, pas de chance ! : les mongols ne s’y sont guère intéressés. Quelques incartades par ci par là, mais visiblement en termes de conquêtes guerrières, les immenses plateaux tibétains ne les emballaient pas vraiment. Des paysans, des monastères, des moines: rien de bien enthousiasmant pour un fier guerrier mongol. Allez, un peu de lecture: René Grousset. Mais attention, accrochez-vous car il va vous falloir mettre la barre un peu plus haut. Imaginons ces pauvres tibétains de l’époque, si je peux dire ce ne sont pas des enfants de choeur. Au fil des siècles de très nombreuses écoles religieuses se sont créées, chacune essayant d’associer son pouvoir spirituel à un pouvoir politique beaucoup plus terre à terre. Que voulez vous, la nature humaine est ainsi faite. Alors que font quelques uns des tibétains les plus malins ? Puisque eux-mêmes ne disposent pas vraiment de puissance militaire leur permettant d’établir un pouvoir sur tout le pays, et alors qu’ils ont aux frontières de leur pays ces mongols qui sont les maîtres incontestés de territoires s’étendant à perte de vue, et bien ils vont les voir. Et les mongols appréciant particulièrement les artisans, les hommes de culture, les religieux (un zeste de Paul Pelliot ) les reçoivent volontiers. D’autres fois ce sont ces mêmes mongols qui convoquent certains chefs religieux tibétains. Mais le discours est bien souvent le même: ” Soyez ma conscience spirituelle, et je vous nomme roi dans votre pays”, sous-entendu “moi de toutes façons je n’y mettrai jamais les pieds !!”. A-t-on entendu qu’un des grands conquérants mongols aurait mis les pieds à Lhassa ? Un Genjis, Ogodan, Kubilaï ? Ou au moins leurs guerriers ? Et bien non, jamais. Ils font ça par procuration. Il faut dire qu’ils sont si peu nombreux pour tant de pays conquis ! Ils nomment donc à plusieurs reprises un tibétain en tant qu’administrateur général de son propre pays, et l’assurent de leur soutien militaire au cas ou de retour chez lui il s’avérait que cette nouvelle investiture ne plaise pas aux autres. (à ce stade, je ne peux que vous conseiller la lecture ne serait-ce que de quelques chapitres de R.A Stein). Alors elle où la Chine dans tout ça ? nulle part. Et lorsque le siècle suivant le pouvoir global mongol s’écroule en se diluant en partie dans la nouvelle dynastie chinoise, ce schéma disparaît avec lui. Les chinois sont en Chine, et les tibétains au Tibet. Le pouvoir temporel est maintenant en formation au Tibet, bien que connaissant au fil des siècles des soubresauts, mais quoi de plus normal pour une nation qui se construit politiquement. Bien sûr certains grands dignitaires religieux tibétains continuent d’aller de temps en temps à la cour des empereurs chinois successifs, jamais comme vassaux, mais bien comme précepteurs spirituels. Et celui qui a déjà vu les immenses monastères et temples tibétains en Chine, dont de très beaux à Pékin, comprend rapidement qu’ils ne furent pas des précepteurs qui attendaient dans l’anti-chambre le bon vouloir du prince. Bien sûr des accords continueront d’être tissés, pendant encore plusieurs siècles avec les quelques chefs mongols qui persistent à tenir des régions frontalières, mais ceux-ci, bien qu’encore forts militairement, ont amorcé depuis fort longtemps leur déclin. C’est un fait, les tibétains ne sont nullement différents des autres, ce ne sont pas des saints. Et ceux d’entre eux qui ont aspiré au pouvoir ont toujours été dans l’obligation de se tourner vers l’extérieur afin d’y trouver l’assistance militaire quasi inexistante chez eux."

commentaire de
Thierry H.
Historien EPHE
sur l’article d’Agoravox après la répression policière parisienne de la manifestation pacifique du dimanche 16 mars 2008. Liberté du Tibet à Paris, les larmes aux yeux. http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37497



12 avril 2008

à méprisant, méprisant-et-demi...

Rien ne va plus aux Etats-Unis dès que Barack Obama prend la parole. Panique à bord du paquebot Clinton qui prend eaux de toutes parts après la démission de Mark Penn, stratège du clan. Les candidats américains du nord comprennent qu'il n'y a plus rien à faire. Depuis le magnifique discours du candidat noir-américain démocrate de mars dernier, tous les acteurs de cette campagne savent qu'ils ont affaire à une personnalité exceptionnelle.

Hier, à la suite de certains de ses propos dont je le laisse le lecteur apprécier la pertinence, des réactions virulentes essaient de percer.

Obama s'exprimait le vendredi 11 avril 2008 en Pennsylvanie en ces termes :

« Notre défi est de convaincre les gens que nous pouvons faire des progrès même si rien ne l'indique dans leur vie de tous les jours, a déclaré Obama. Lorsque l'on se rend dans certaines de ces petites villes en Pennsylvanie, on se rend compte que, comme dans de nombreuses petites villes du Midwest, les emplois ont disparu depuis 25 ans et rien ne les a remplacés. Ils ont continué de diminuer durant l'administration Clinton et l'administration Bush, et chaque administration, l'une après l'autre, avait affirmé que ces communautés allaient se régénérer, mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Il n'est donc pas surprenant que ces gens soient en colère, qu'ils s'accrochent aux armes ou à la religion ou aux sentiments xénophobes ou protectionnistes, ou qu'ils soient antipathiques aux gens qui ne sont pas comme eux, afin de donner un sens à leurs frustrations. »

C'est on ne peut plus clair.

Obama ne découvre pas qu'il y a, aux USA comme dans le reste du monde occidental désindustrialisé, un mécontentement de la population modeste, hier ouvrière, aujourd'hui désoeuvrée, un fondamentalisme chrétien ou musulman galopant, une criminalité touchant les plus jeunes.

Et c'est un membre de la campagne républicaine qui donne raison aux déclarations d'Obama qu'il juge "marquantes et extrêmement révélatrices". eh oui !... le staff de Mc Cain ne croit pas si bien dire.

Hillary Clinton, qui ne sait plus quoi dire devant tant de bon sens, se sent obligée de répliquer. Elle est prise dans le jeu absurde de la communication politique, et elle se trouve réduite à frapper plus fort sur son collègue démocrate que sur le coreligionnaire de G.W Bush. Elle a donc cru bon faire une explication de texte aux électeurs : "Les habitants de Pennsylvanie n'ont pas besoin d'un président qui les méprise"... Quel jeu de jambe dans la répartie ! Montrez donc à vos concitoyens, Mme Clinton, où est le mépris !

Ce faisant, qui méprise les électeurs ? Obama, qui en candidat responsable traduit des faits avérés quoique difficiles à entendre, qui se fait l'écho du sentiment général, ou Hillary Clinton, l'avocate new-yorkaise, qui se permet de leur dire que penser des déclarations de son rival à la candidature ?

Que le clan Clinton se laisse aller à si peu de pertinence, cela témoigne d'une certaine résignation, laisse augurer d'une grande fébrilité.
Au final cela révèle le manque de lucidité de la combattante fatiguée qui, sonnée, finit par se tromper d'adversaire.


Des consultations auront lieu le 22 avril prochain en Pennsylvanie
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080412/twl-usa-primaires-obama-bd5ae06.html

Visitez l'excellent blog de Maria Pia Mascaro West Wing 2008

9 avril 2008

Nouvel échec à Bogota


On apprend que l'avion médicalisé censé parti en Colombie récupérer Ingrid Bétancourt est sur le point de revenir une seconde fois bredouille de sa base guyanaise.
Cela montre à quel point les affaires étrangères pataugent littéralement dans la soupe colombienne. 


Je sais de source informée et discrète que les services (secrets) français auraient commis une bévue lors du contact en Equateur avec Raul Reyes. Benoîtement, ils auraient pensé qu'on peut faire confiance aux homologues colombiens, en révélant avec une bonne exactitude l'endroit prévu de la rencontre, sur la frontière colombo-équatorienne. L'armée colombienne, on le sait, a profité de la négociation en cours pour ouvrir le feu sur Reyes et 16 autres guerilleros. (+ un Equatorien mort dans cette affaire à haute tension). Bravo M. Uribe, vous ne tenez pas vos soldats ?

Comment, dans ces conditions, s'étonner de ce que les F.A.R.C n'aient plus confiance en personne, et particulièrement en M. Sarkozy, traité d'ami par George W. Bush ?

Il faut avoir une boule de cristal pour annoncer le retour de la franco-colombienne, que la guerilla va relâcher sans difficulté, avoir avoir déjà fait deux gestes de libération unilatéraux sans contre-partie, sous prétexte que c'est elle, et qu'elle est malade...

Je crains que la diplomatie Française, aidée par le désespoir légitime des enfants de l'otage, verse dans l'amateurisme. Ne serait-ce qu'en communicant... elle augmente la pression qui pèse sur les F.A.R.C, et amenuise les espoirs d'une libération qui déjà par nature est difficile puisque Ingrid est devenue la carte maîtresse de cette mouvance devenue clandestine.

Il faut croire M. Kouchner lorsqu'il dit que les négociations iront sans relâche entre Paris et les FARC.  On lui souhaite de réussir, mais c'est sans compter les bâtons dans les roues que le gouvernement colombien ne manquera pas de lui mettre.

Et quid des sympathisants communistes colombiens, enfermés à Bogota dans des prisons politiques, et dieu sait depuis combien d'années ? Sans quel état de santé sont-ils ? M. Uribe en a -t-il relâché pour raisons humanitaires de façon unilatéral ? Pas à notre connaissance.

2 avril 2008

Lettre de Tenzin Gyatso "simple moine", au peuple Chinois

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Un appel au peuple chinois de Sa Sainteté le 14ème Dalaï Lama. 28 mars 2008

« Je salue aujourd’hui chaleureusement mes sœurs et frères chinois du monde entier, et tout particulièrement ceux de la République populaire de Chine.

À la lumière des événements survenus dernièrement au Tibet, j’aimerais vous faire part de mes réflexions sur les relations entre le peuple tibétain et le peuple chinois, et lancer à chacun d’entre vous un appel personnel.

Je suis profondément attristé par les pertes de vies subies lors des derniers événements tragiques au Tibet et suis conscient que des Chinois ont également trouvé la mort. Je compatis avec les victimes et leurs familles, et je prie pour elles. Les troubles récents démontrent nettement la gravité de la situation au Tibet ainsi que l’urgence de trouver une solution pacifique et mutuellement bénéfique par le dialogue. Même dans les circonstances actuelles, j’exprime aux autorités chinoises ma volonté de travailler avec elles pour établir la paix et la stabilité.

Sœurs et frères chinois, je vous assure que je ne désire nullement la séparation du Tibet. Je ne souhaite pas non plus enfoncer un coin entre Tibétains et Chinois. J’ai au contraire toujours eu à cœur de trouver une véritable solution au problème du Tibet, qui garantisse les intérêts à long terme des Chinois comme des Tibétains. Comme je l’ai maintes fois répété, mon principal souci est d’assurer la survie de la spécificité de la culture, de la langue et de l’identité du peuple tibétain. En tant que simple moine qui s’efforce d’observer chaque jour de sa vie les préceptes bouddhiques, je vous assure de la sincérité de ma motivation.

J‘appelle les dirigeants de la République populaire de Chine à clairement comprendre ma position et à œuvrer au règlement de ces problèmes en «recherchant la vérité dans les faits». Je presse les dirigeants chinois de faire preuve de sagesse et d’entamer un dialogue sérieux avec le peuple tibétain. Je les appelle aussi à déployer des efforts sincères pour contribuer à la stabilité et à l’harmonie de la République populaire de Chine et éviter de provoquer des tensions inter-ethniques.

La couverture des derniers événements au Tibet par les médias publics chinois qui dénaturent la réalité et induisent en erreur pourrait semer des graines de tensions ethniques et avoir des conséquences imprévisibles à long terme. C’est pour moi un grave sujet de préoccupation. De même, en dépit de mon soutien répété aux Jeux olympiques de Beijing, les autorités chinoises, dans le but de creuser un fossé entre le peuple chinois et moi-même, affirment que j’essaie de saboter les jeux. Il est toutefois encourageant pour moi de constater que plusieurs intellectuels et universitaires chinois expriment également les fortes préoccupations suscitées par les actions des dirigeants chinois et les risques pouvant en découler à long terme, notamment en matière de relations inter-ethniques. Depuis des temps anciens, Tibétains et Chinois vivent comme voisins. Durant les deux mille ans de l’histoire connue de nos peuples, nous avons parfois entretenu des relations amicales, contractant même des alliances matrimoniales, alors que d’autres fois, nous nous sommes combattus. Le bouddhisme ayant cependant fleuri en Chine avant d’arriver au Tibet par l’Inde, nous, Tibétains, avons toujours accordé aux Chinois le respect et l’affection dus aux sœurs et frères aînés en dharma. Les membres de la communauté chinoise vivant hors de Chine le savent bien et certains d’entre eux ont participé à mes conférences bouddhiques, tout comme le savent les pèlerins venant de Chine continentale que j’ai eu le privilège de rencontrer. Ces rencontres m’encouragent et je crois qu’elles peuvent contribuer à une meilleure compréhension entre nos deux peuples.

Le vingtième siècle a été témoin de changements considérables dans de nombreuses parties du monde et le Tibet, lui aussi, a été entraîné dans ce mouvement. Peu après la création de la République populaire de Chine en 1949, l’Armée de libération du peuple pénétrait au Tibet, ce qui a finalement abouti à la conclusion de l’Accord en 17 points entre la Chine et le Tibet en mai 1951. Lorsque j’étais à Beijing en 1954-55, participant au Congrès national du peuple, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de hauts dirigeants, dont le président Mao lui-même, et de nouer des liens personnels d’amitié avec eux. De fait, le président Mao m’a donné des conseils sur plusieurs questions, de même que des assurances personnelles sur l’avenir du Tibet. Encouragé par ces assurances et inspiré par la ferveur de nombreux dirigeants révolutionnaires chinois de cette époque, je suis rentré au Tibet empli de confiance et d’optimisme. Certains membres du parti communiste tibétain partageaient le même espoir. De retour à Lhassa, j’ai tout mis en œuvre pour obtenir une véritable autonomie du Tibet au sein de la famille de la République populaire de Chine (RPC). J’estimais que c’était la meilleure façon de servir les intérêts à long terme des peuples tibétain et chinois. Malheureusement, des tensions, qui ont commencé à monter au Tibet à partir de 1956 environ, ont finalement abouti au soulèvement pacifique du 10 mars 1959 à Lhassa et à ma fuite en exil.

Même si nombre de changements bénéfiques se sont produits au Tibet sous le régime de la République populaire de Chine, ces changements, comme l’a souligné en janvier 1989 le précédent Panchen Lama, ont été assombris par d’immenses souffrances et des destructions à grande échelle. Les Tibétains devaient constamment vivre dans la peur, alors que le gouvernement chinois continuait de se méfier d’eux. Toutefois, au lieu de cultiver de l’animosité envers les dirigeants chinois responsables de la dure répression du peuple tibétain, je priais pour que nous devenions amis. C’est ce que j’exprimais dans ces quelques lignes d’une prière écrite en 1960, un an après mon arrivée en Inde. «Puissent-ils réaliser l’oeil de la sagesse, savoir ce qui est à accomplir et ce qui est à abandonner, et demeurer dans la gloire de l’amitié et de l’amour». De nombreux Tibétains, parmi lesquels des écoliers, récitent ces lignes dans leurs prières quotidiennes.

En 1974, à la suite de graves discussions avec mon cabinet, le Kashag, de même qu’avec le président et le vice-président de l’Assemblée des députés du peuple tibétain, nous avons décidé de trouver une voie médiane visant à ne pas séparer le Tibet de la Chine, mais à favoriser le développement pacifique du Tibet. Même si nous n’avions pas de contact à ce moment avec la RPC – qui se trouvait alors en pleine Révolution culturelle – nous avions déjà admis que, tôt ou tard, nous devrions résoudre la question du Tibet par voie de négociations. Nous avons également reconnu que, du moins en ce qui concerne la modernisation et le développement économique, il serait grandement bénéfique au Tibet de demeurer au sein de la RPC. Bien que le Tibet possède un héritage culturel riche et ancien, il est peu développé sur le plan matériel. Situé sur le toit du monde, le Tibet donne naissance aux plus grands fleuves d’Asie. C’est pourquoi la protection de l’environnement revêt une importance primordiale sur le Plateau tibétain. Notre préoccupation essentielle étant de sauvegarder la culture bouddhique tibétaine – enracinée dans les valeurs de la compassion universelle – tout comme la langue tibétaine et l’identité tibétaine unique, nous avons ardemment travaillé à l’obtention d’une véritable autonomie pour l’ensemble des Tibétains. La constitution de la RPC stipule que les ethnies, comme les Tibétains, jouissent de ce droit.

En 1979, le dirigeant suprême de la Chine à cette époque, Deng Xiaoping, a assuré mon émissaire personnel que «hormis l’indépendance du Tibet», toutes les autres questions pouvaient être négociées. Comme nous avions déjà formulé notre approche consistant à rechercher une solution de la question tibétaine dans le cadre de la constitution de la RPC, nous nous trouvions en bonne position pour saisir cette nouvelle occasion. Mes envoyés ont rencontré à plusieurs reprises des représentants de la RPC. Depuis que nous avons renoué contact en 2002, il y a eu six rencontres de discussions. Cependant, nous n’avons abouti à absolument aucun résultat concret sur la question fondamentale. Néanmoins, comme je l’ai déclaré à plusieurs reprises, je demeure fermement attaché à la Voie du milieu et je réaffirme être prêt à poursuivre le dialogue.

Cette année, le peuple chinois attend avec fierté et impatience l’ouverture des Jeux olympiques. J’ai toujours soutenu l’idée que Beijing puisse accueillir les jeux. Ma position n’a pas changé. La Chine à la plus importante population du monde, une longue histoire et une civilisation extrêmement riche. Aujourd’hui, compte tenu de son impressionnant essor économique, elle émerge comme grande puissance. Il faut certainement s’en réjouir. Mais la Chine doit aussi gagner le respect et l’estime de la communauté internationale en bâtissant une société ouverte et harmonieuse, fondée sur les principes de la transparence, de la liberté et de la primauté du droit. Or, jusqu’à ce jour, les victimes de la tragédie de la place de Tiananmen, qui a bouleversé la vie de tant de citoyens chinois, n’ont reçu ni juste réparation ni réponse officielle. De même, lorsque des milliers de Chinois ordinaires des zones rurales subissent des injustices perpétrées par des fonctionnaires locaux corrompus qui les exploitent, leurs plaintes légitimes sont jetées aux oubliettes ou suscitent de violentes réactions. J’exprime ces préoccupations en tant que votre semblable, également prêt à se considérer comme membre de cette grande famille qu’est la République populaire de Chine. À cet égard, j’apprécie et soutiens la politique du président Hu Jintao visant à créer une «société harmonieuse» mais cette société ne peut s’édifier que sur la base d’une confiance mutuelle et dans un climat de liberté, dont la liberté d’expression et la primauté du droit. Je crois fermement que l’adoption de ces valeurs permettra de résoudre beaucoup de problèmes importants liés aux minorités, comme la question du Tibet, ainsi que celle du Turkistan oriental et de la Mongolie intérieure, où les autochtones ne constituent plus que 20% d’une population totale de 24 millions.

J’espérais que la déclaration récente du président Hu Jintao selon laquelle - la stabilité et la sécurité du Tibet concernent la stabilité et la sécurité du pays - annoncerait l’avènement d’une ère nouvelle pour le règlement du problème du Tibet.

Malheureusement, en dépit des efforts sincères que j’ai déployés pour ne pas séparer le Tibet de la Chine, les dirigeants de la République populaire de Chine m’accusent d’être un «séparatiste». De même, lorsque des Tibétains, à Lhassa et dans de nombreuses autres régions, ont protesté de manière spontanée pour exprimer un ressentiment profondément ancré, les autorités chinoises m’ont immédiatement accusé d’avoir orchestré ces manifestations. J’ai demandé que cette allégation fasse l’objet d’une enquête minutieuse, menée par un organe respecté.

Sœurs et frères chinois – où que vous soyez – c’est empreint d’une grande inquiétude que j’en appelle à vous pour que nous puissions dissiper les malentendus entre nos deux communautés. J’en appelle aussi à vous pour que vous nous aidiez à trouver une solution pacifique et durable au problème du Tibet par le dialogue, dans un esprit de compréhension et de conciliation.

Mes prières vous accompagnent.”

Tenzin Gyatso, Dalaï Lama
Le 28 mars 2008

24 mars 2008

Le grand discours d'Obama


Le candidat démocrate américain-du-nord Barack Obama a prononcé l'un des plus beaux discours jamais écrit. A le lire, je n'étais pas loin d'éprouver la même chose que jeune homme noir sur la photo ci-dessus. 


La traduction en Français est disponible ici.

Barack Obama Speech on Race - Spanish Sub, Part 1 of 2
envoyé par crisdecuba



« Nous le peuple, dans le but de former une union plus parfaite.

Il y a deux cent vingt et un ans, un groupe d'hommes s’est rassemblé dans une salle qui existe toujours de l'autre côté de la rue, et avec ces simples mots, lança l'aventure inouïe de la démocratie américaine.

Agriculteurs et savants, hommes politiques et patriotes qui avaient traversé l’océan pour fuir la tyrannie et les persécutions, donnèrent enfin forme à leur déclaration d’indépendance lors d’une convention qui siégea à Philadelphie jusqu’au printemps 1787.

Ils finirent par signer le document rédigé, non encore achevé. Ce document portait le stigmate du péché originel de l’esclavage, un problème qui divisait les colonies et faillit faire échouer les travaux de la convention jusqu’à ce que les pères fondateurs décident de permettre le trafic des esclaves pendant encore au moins vingt ans, et de laisser aux générations futures le soin de l’achever.

Bien sur, la réponse à la question de l’esclavage était déjà en germe dans notre constitution, une constitution dont l’idéal de l’égalité des citoyens devant la loi est le cœur, une constitution qui promettait à son peuple la liberté et la justice, et une union qui pouvait et devait être perfectionnée au fil du temps.

Et pourtant des mots sur un parchemin ne suffirent ni à libérer les esclaves de leurs chaînes, ni à donner aux hommes et aux femmes de toute couleur et de toute croyance leurs pleins droits et devoirs de citoyens des Etats-Unis

Il fallait encore que, de génération en génération, les Américains s’engagent —en luttant et protestant, dans la rue et dans les tribunaux, et en menant une guerre civile et une campagne de désobéissance civile, toujours en prenant de grands risques—, pour réduire l'écart entre la promesse de nos idéaux et la réalité de leur temps.

C’est l’une des tâches que nous nous sommes fixées au début de cette campagne —continuer la longue marche de ceux qui nous ont précédé, une marche pour une Amérique plus juste, plus égale, plus libre, plus généreuse et plus prospère.

J’ai choisi de me présenter aux élections présidentielles à ce moment de l’histoire parce que je crois profondément que nous ne pourrons résoudre les problèmes de notre temps que si nous les résolvons ensemble, que nous ne pourrons parfaire l’union que si nous comprenons que nous avons tous une histoire différente mais que nous partageons de mêmes espoirs, que nous ne sommes pas tous pareils et que nous ne venons pas du même endroit mais que nous voulons aller dans la même direction, vers un avenir meilleur pour nos enfants et petits-enfants.

Cette conviction me vient de ma foi inébranlable en la générosité et la dignité du peuple Américain. Elle me vient aussi de ma propre histoire d'Américain. Je suis le fils d'un noir du Kenya et d'une blanche du Kansas. J’ai été élevé par un grand-père qui a survécu à la Dépression et qui s'est engagé dans l'armée de Patton pendant la deuxième Guerre Mondiale, et une grand-mère blanche qui était ouvrière à la chaîne dans une usine de bombardiers quand son mari était en Europe.

J’ai fréquenté les meilleures écoles d'Amérique et vécu dans un des pays les plus pauvres du monde. J’ai épousé une noire américaine qui porte en elle le sang des esclaves et de leurs maîtres, un héritage que nous avons transmis à nos deux chères filles.

J’ai des frères, des sœurs, des nièces, des neveux des oncles et des cousins, de toute race et de toute teinte, dispersés sur trois continents, et tant que je serai en vie, je n'oublierai jamais que mon histoire est inconcevable dans aucun autre pays.

C’est une histoire qui ne fait pas de moi le candidat le plus plausible. Mais c’est une histoire qui a gravé au plus profond de moi l’idée que cette nation est plus que la somme de ses parties, que de plusieurs nous ne faisons qu’un.

Tout au long de cette première année de campagne, envers et contre tous les pronostics, nous avons constaté à quel point les Américains avaient faim de ce message d'unité.

Bien que l’on soit tenté de juger ma candidature sur des critères purement raciaux, nous avons remporté des victoires impressionnantes dans les états les plus blancs du pays. En Caroline du Sud, où flotte encore le drapeau des Confédérés, nous avons construit une coalition puissante entre Afro-Américains et Américains blancs.

Cela ne veut pas dire que l'appartenance raciale n'a joué aucun rôle dans la campagne. A plusieurs reprises au cours de la campagne, des commentateurs m’ont trouvé ou « trop noir » ou « pas assez noir ».

Nous avons vu surgir des tensions raciales dans la semaine qui a précédé les primaires de la Caroline du Sud. Les médias ont épluché chaque résultat partiel, à la recherche de tout indice de polarisation raciale, pas seulement entre noirs et blancs mais aussi entre noirs et bruns.

Et pourtant ce n’est que ces deux dernières semaines que la question raciale est devenue un facteur de division.

D’un côté on a laissé entendre que ma candidature était en quelque sorte un exercice de discrimination positive, basé seulement sur le désir de libéraux [Ndt : gens de gauche] candides d’acheter à bon marché la réconciliation raciale.

D’un autre côté on a entendu mon ancien pasteur, le Rev. Jeremiah Wright, exprimer dans un langage incendiaire des opinions qui risquent non seulement de creuser le fossé entre les races mais aussi de porter atteinte à ce qu’il y a de grand et de bon dans notre pays. Voilà qui, à juste titre choque blancs et noirs confondus.

J’ai déjà condamné sans équivoque aucune les déclarations si controversées du Rev. Wright. Il reste des points qui en dérangent encore certains.

Est-ce que je savais qu’il pouvait à l’occasion dénoncer avec violence la politique américaine intérieure et étrangère ? Bien sûr. M’est-il arrivé de l’entendre dire des choses contestables quand j’étais dans son église ? Oui. Est-ce que je partage toutes ses opinions politiques ? Non, bien au contraire ! Tout comme j’en suis sûr beaucoup d’entre vous entendent vos pasteurs, prêtres ou rabbins proférer des opinions que vous êtes loin de partager.

Mais les déclarations à l’origine de ce récent tollé ne relevaient pas seulement de la polémique. Elles n’étaient pas que l’indignation d’un leader spirituel dénonçant les injustices ressenties.

Elles reflétaient plutôt une vue profondément erronée de ce pays —une vue qui voit du racisme blanc partout, une vue qui met l'accent sur ce qui va mal en Amérique plutôt que sur ce qui va bien. Une vue qui voit les racines des conflits du Moyen-Orient essentiellement dans les actions de solides alliés comme Israël, au lieu de les chercher dans les idéologies perverses et haineuses de l'Islam radical.

Le Rev. Jeremiah Wright ne fait pas que se tromper, ses propos sèment la discorde à un moment où nous devons trouver ensemble des solutions à nos énormes problèmes : deux guerres, une menace terroriste, une économie défaillante, une crise chronique du système de santé, un changement climatique aux conséquences désastreuses. Ces problèmes ne sont ni noirs ni blancs, ni hispaniques ni asiatiques mais ce sont des problèmes qui nous concernent tous.

Au vu de mon parcours, de mes choix politiques et des valeurs et idéaux auxquels j’adhère, on dira que je ne suis pas allé assez loin dans ma condamnation. Et d’abord pourquoi m’être associé avec le Rev. Jeremiah Wright, me demandera-t-on ? Pourquoi ne pas avoir changé d’église ?

J’avoue que si tout ce que je savais du Rev. Wright se résumait aux bribes de sermons qui passent en boucle à la télévision et sur YouTube, ou si la Trinity United Church of Christ ressemblait aux caricatures colportées par certains commentateurs, j’aurais réagi de même.

Mais le fait est que ce n’est pas tout ce que je sais de cet homme. L’homme que j’ai rencontré il y a plus de vingt ans est l’homme qui m’a éveillé à ma foi. Un homme pour qui aimer son prochain, prendre soin des malades et venir en aide aux miséreux est un devoir.

Voilà un homme qui a servi dans les Marines, qui a étudié et enseigné dans les meilleures universités et séminaires et qui pendant plus de trente ans a été à la tête d’une église, qui en se mettant au service de sa communauté accomplit l’œuvre de Dieu sur terre : loger les sans-abris, assister les nécessiteux, ouvrir des crèches, attribuer des bourses d’études, rendre visite aux prisonniers, réconforter les séropositifs et les malades atteints du sida.

Dans mon livre, Les Rêves de mon père, je décris mes premières impressions de l’église de la Trinity:

« L'assistance se mit à crier, à se lever, à taper des mains, et le vent puissant de son souffle emportait la voix du révérend jusqu'aux chevrons (...). Et dans ces simples notes — espoir ! — j’entendis autre chose. Au pied de cette croix, à l'intérieur des milliers d'églises réparties dans cette ville, je vis l'histoire de noirs ordinaires se fondre avec celles de David et Goliath, de Moïse et Pharaon, des chrétiens jetés dans la fosse aux lions, du champ d’os desséchés d’Ezékiel.

Ces histoires —de survie, de liberté, d’espoir— devenaient notre histoire, mon histoire ; le sang qui avait été versé était notre sang, les larmes étaient nos larmes. Cette église noire, en cette belle journée, était redevenue un navire qui transportait l’histoire d’un peuple jusqu'aux générations futures et jusque dans un monde plus grand.

Nos luttes et nos triomphes devenaient soudain uniques et universels, noirs et plus que noirs. En faisant la chronique de notre voyage, les histoires et les chants nous donnaient un moyen de revendiquer des souvenirs dont nous n'avions pas à avoir honte (…), des souvenirs que tout le monde pouvait étudier et chérir - et avec lesquels nous pouvions commencer à reconstruire. »

Telle a été ma première expérience à Trinity. Comme beaucoup d’églises majoritairement noires, Trinity est un microcosme de la communauté noire : on y voit le médecin et la mère assistée, l’étudiant modèle et le voyou repenti.

Comme toutes les autres églises noires, les services religieux de Trinity résonnent de rires tapageurs et de plaisanteries truculentes. Et ça danse, ça tape des mains, ça crie et ça hurle, ce qui peut paraître incongru à un nouveau venu

L'église contient toute la tendresse et la cruauté, l’intelligence l’extrême et l’ignorance crasse, les combats et les réussites, tout l'amour et, oui, l'amertume et les préjugés qui sont la somme de l’expérience noire en Amérique.

Et cela explique sans doute mes rapports avec le Rev. Wright. Si imparfait soit-il, je le considère comme un membre de ma famille. Il a raffermi ma foi, célébré mon mariage et baptisé mes enfants.

Jamais dans mes conversations avec lui ne l’ai-je entendu parler d’un groupe ethnique en termes péjoratifs, ou manquer de respect ou de courtoisie envers les blancs avec qui il a affaire. Il porte en lui les contradictions — le bon et le mauvais— de la communauté qu’il sert sans se ménager depuis tant d’années.

Je ne peux pas plus le renier que je ne peux renier la communauté noire, je ne peux pas plus le renier que je ne peux renier ma grand-mère blanche, une femme qui a fait tant de sacrifices pour moi, une femme qui m'aime plus que tout au monde, mais aussi une femme qui m’avouait sa peur des noirs qu’elle croisait dans la rue et que, plus d'une fois, j’ai entendu faire des remarques racistes qui m'ont répugné.

Ces personnes sont une partie de moi. Et elles font partie de l’Amérique, ce pays que j’aime.

D'aucuns verront ici une tentative de justifier ou d’excuser des propos tout à fait inexcusables. Je peux vous assurer qu’il n’en est rien. Je suppose qu’il serait plus prudent, politiquement, de continuer comme si de rien n'était, en espérant que toute l’affaire sera vite oubliée.

Nous pourrions faire peu de cas du Rev. Wright, et ne voir en lui qu’un excentrique ou un démagogue, tout comme certains l’ont fait dans le cas de Geraldine Ferraro, l’accusant, à la suite de ses récentes déclarations, de préjugé racial.

Mais je crois que ce pays, aujourd'hui, ne peut pas se permettre d'ignorer la problématique de race. Nous commettrions la même erreur que le Rev. Wright dans ses sermons offensants sur l'Amérique —en simplifiant, en recourant à des stéréotypes et en accentuant les côtés négatifs au point de déformer la réalité.

Le fait est que les propos qui ont été tenus et les problèmes qui ont été soulevés ces dernières semaines reflètent les aspects complexes du problème racial que n’avons jamais vraiment explorés — une partie de notre union qui nous reste encore à parfaire.

Et si nous abandonnons maintenant pour revenir tout simplement à nos positions respectives, nous n'arriverons jamais à nous unir pour surmonter ensemble les défis que sont l'assurance maladie, l'éducation ou la création d'emplois pour chaque Américain.

Pour comprendre cet état de choses, il faut se rappeler comment on en est arrivé là. Comme l’a écrit William Faulkner : « Le passé n’est pas mort et enterré. En fait il n’est même pas passé. » Nul besoin ici de réciter l’histoire des injustices raciales dans ce pays.

Mais devons nous rappeler que si tant de disparités existent dans la communauté afro-américaine d’aujourd’hui, c’est qu’elles proviennent en droite ligne des inégalités transmises par la génération précédente qui a souffert de l'héritage brutal de l'esclavage et de Jim Crow.

La ségrégation à l’école a produit et produit encore des écoles inférieures. Cinquante ans après Brown vs. The Board of Education, rien n’a changé et la qualité inférieure de l’éducation que dispensent ces écoles aide à expliquer les écarts de réussite entre les étudiants blancs et noirs d’aujourd’hui.

La légalisation de la discrimination —des noirs qu’on empêchait, souvent par des méthodes violentes, d'accéder a la propriété, des crédits que l’on accordait pas aux entrepreneurs afro-américains, des propriétaires noirs qui n'avaient pas droit aux prêts du FHA [Ndt : Federal Housing Administration, l’administration fédérale en charge du logement], des noirs exclus des syndicats, des forces de police ou des casernes de pompiers, a fait que les familles noires n’ont jamais pu accumuler un capital conséquent à transmettre aux générations futures.

Cette histoire explique l’écart de fortune et de revenus entre noirs et blancs et la concentration des poches de pauvreté qui persistent dans tant de communautés urbaines et rurales d’aujourd’hui.

Le manque de débouchés parmi les noirs, la honte et la frustration de ne pouvoir subvenir aux besoins de sa famille ont contribué a la désintégration des familles noires —un problème que la politique d’aide sociale, pendant des années, a peut-être aggravée. Le manque de service publics de base dans un si grand nombre de quartiers noirs —des aires de jeux pour les enfants, des patrouilles de police, le ramassage régulier des ordures et l'application des codes d'urbanisme, tout cela a crée un cycle de violence, de gâchis et de négligences qui continue de nous hanter.

C'est la réalité dans laquelle le Rev. Wright et d’autres Afro-Américains de sa génération ont grandi. Ils sont devenus adultes à la fin des années 50 et au début des années 60, époque ou la ségrégation était encore en vigueur et les perspectives d'avenir systématiquement réduites.

Ce qui est extraordinaire, ce n’est pas de voir combien ont renoncé devant la discrimination, mais plutôt combien ont réussi à surmonter les obstacles et combien ont su ouvrir la voie à ceux qui, comme moi, allaient les suivre.

Mais pour tous ceux qui ont bataillé dur pour se tailler une part du Rêve Américain, il y en a beaucoup qui n'y sont pas arrivés – ceux qui ont été vaincus, d’une façon ou d’une autre, par la discrimination.

L’expérience de l'échec a été léguée aux générations futures : ces jeunes hommes et, de plus en plus, ces jeunes femmes que l'on voit aux coins des rues ou au fond des prisons, sans espoir ni perspective d'avenir. Même pour les noirs qui s'en sont sortis, les questions de race et de racisme continuent de définir fondamentalement leur vision du monde.

Pour les hommes et les femmes de la génération du Rev. Wright, la mémoire de l’humiliation de la précarité et de la peur n’a pas disparu, pas plus que la colère et l’amertume de ces années.

Cette colère ne s’exprime peut-être pas en public, devant des collègues blancs ou des amis blancs. Mais elle trouve une voix chez le coiffeur ou autour de la table familiale. Parfois cette colère est exploitée par les hommes politiques pour gagner des voix en jouant la carte raciale, ou pour compenser leur propre incompétence.

Et il lui arrive aussi de trouver une voix, le dimanche matin à l’église, du haut de la chaire ou sur les bancs des fidèles. Le fait que tant de gens soient surpris d’entendre cette colère dans certains sermons du Rev. Wright nous rappelle le vieux truisme, à savoir que c’est à l’office du dimanche matin que la ségrégation est la plus évidente.

Cette colère n’est pas toujours une arme efficace. En effet, bien trop souvent, elle nous détourne de nos vrais problèmes, elle nous empêche de confronter notre part de responsabilité dans notre condition, et elle empêche la communauté afro-américaine de nouer les alliances indispensables à un changement véritable.

Mais cette colère est réelle, et elle est puissante, et de souhaiter qu’elle disparaisse, de la condamner sans en comprendre les racines ne sert qu’à creuser le fossé d’incompréhension qui existe entre les deux races.

Et de fait, il existe une colère similaire dans certaines parties de la communauté blanche. La plupart des Américains de la classe ouvrière et de la classe moyenne blanche n'ont pas l’impression d’avoir été spécialement favorisés par leur appartenance raciale.

Leur expérience est l’expérience de l’immigrant —dans leur cas, ils n’ont hérité de personne, ils sont partis de rien. Ils ont travaillé dur toute leur vie, souvent pour voir leurs emplois délocalisés et leurs retraites partir en fumée.

Ils sont inquiets pour leur avenir, ils voient leurs rêves s’évanouir; à une époque de stagnation des salaires et de concurrence mondiale, les chances de s’en sortir deviennent comme un jeu de somme nulle où vos rêves se réalisent au dépens des miens.

Alors, quand on leur dit que leurs enfants sont affectés à une école à l’autre bout de la ville, quand on leur dit qu’un Afro-Américain qui décroche un bon job ou une place dans une bonne faculté est favorisé à cause d’une injustice qu’ils n’ont pas commise, quand on leur dit que leur peur de la délinquance dans les quartiers est une forme de préjugé, la rancœur s'accumule au fil du temps.

Comme la colère au sein de la communauté noire qui ne s’exprime pas en public, ces choses qui fâchent ne se disent pas non plus. Mais elles affectent le paysage politique depuis au moins une génération.

C’est la colère envers la politique d’assistance de l’Etat-Providence et la politique de discrimination positive qui ont donné naissance à la Coalition Reagan. Les hommes politiques ont systématiquement exploité la peur de l’insécurité à des fins électorales. Les présentateurs des talk-shows et les analystes conservateurs se sont bâti des carrières en débusquant des accusations de racisme bidon, tout en assimilant les débats légitimes sur les injustices et les inégalités raciales à du politiquement correct ou du racisme a rebours.

Tout comme la colère noire s’est souvent avérée contre-productive, la rancœur des blancs nous a aveuglés sur les véritables responsables de l’étranglement de la classe moyenne —une culture d’entreprise où les délits d'initiés, les pratiques comptables douteuses et la course aux gains rapides sont monnaie courante ; une capitale sous l'emprise des lobbies et des groupes de pression, une politique économique au service d'une minorité de privilégiés.

Et pourtant, souhaiter la disparition de cette rancœur des blancs, la qualifier d’inappropriée, voire de raciste, sans reconnaître qu’elle peut avoir des causes légitimes —voila aussi qui contribue à élargir la fracture raciale et faire en sorte que l’on n'arrive pas à se comprendre.




Voilà où nous en sommes actuellement : incapables depuis des années de nous extirper de l'impasse raciale. Contrairement aux dires de certains de mes critiques, blancs ou noirs, je n'ai jamais eu la naïveté de croire que nous pourrions régler nos différends raciaux en l'espace de quatre ans ou avec une seule candidature, qui plus est une candidature aussi imparfaite que la mienne.

Mais j’ai affirmé ma conviction profonde—une conviction ancrée dans ma foi en Dieu et ma foi dans le peuple américain—qu’en travaillant ensemble nous arriverons à panser nos vieilles blessures raciales et qu’en fait nous n’avons plus le choix si nous voulons continuer d’avancer dans la voie d’une union plus parfaite.

Pour la communauté afro-américaine, cela veut dire accepter le fardeau de notre passé sans en devenir les victimes, cela veut dire continuer d’exiger une vraie justice dans tous les aspects de la vie américaine. Mais cela veut aussi dire associer nos propres revendications –meilleure assurance maladie, meilleures écoles, meilleurs emplois—aux aspirations de tous les Américains, qu’il s’agisse de la blanche qui a du mal à briser le plafond de verre dans l’échelle hiérarchique, du blanc qui a été licencié ou de l'immigrant qui s’efforce de nou